10 % de femmes dans le bâtiment
20 000 femmes de plus sur les chantiers et les ateliers d'ici 2009 : c'est le défi lancé par la Fédération Française du Bâtiment en 2004.
Elles sont 10 000 aujourd'hui, il faudrait donc tripler leur nombre. Et pour cause, le secteur, premier employeur de France, manque de main-d'œuvre et doit recruter 100 000 personnes chaque année pour pallier les départs à la retraite.
Face à cette pénurie, les femmes apparaissent comme la solution miracle. Et il y a de la marge : elles représentent aujourd'hui à peine 10 % des salariés du bâtiment !

Evolution des mentalités
Soyons franches : elles n'ont pas toujours été les bienvenues. D'où une solide réputation de machisme dans le secteur. Mais preuve que les mentalités évoluent, à la question "''Embaucheriez-vous une femme sur vos chantiers ?''", 43 % des chefs d'entreprises répondaient favorablement en 2005 contre seulement 15 % en 2003 .
Ils l'ont compris : recruter au féminin, c'est tout bénef' pour l'entreprise et son image.

Opération séduction et week-end à gagner
Reste à se donner les moyens d'atteindre l'objectif fixé.
Avec une stratégie : séduire les collégiennes et lycéennes, à l'âge où se décide leur orientation professionnelle. Voilà pourquoi la Capeb (1) organise depuis l'an dernier le concours "''Conjuguez les métiers du bâtiment au féminin''" qui invite des élèves de 3ème à réaliser un travail (dossier, BD, clip...) sur le thème de l'emploi et de la valorisation des femmes dans le bâtiment. A la clé : un week-end en village-vacances offert pour motiver les troupes (dépôt des candidatures jusqu'au 23 avril).

(1) Etude Capeb (Confédération de l'artisanat et petites entreprises du bâtiment).

Et occupent le terrain

"Les Talents Hauts du BTP" Pour attirer les femmes, il faut adapter les conditions de travail à leur force physique et leur offrir un accueil sur-mesure. C'est ce qu'ont compris les groupes Alliade et CGP Construction, à l'origine de l'expérience ""Les Talents Hauts du BTP"". Leur nouveau chantier à Meyzieu (Rhône) compte en effet 20 % de femmes. Sur place, des vestiaires et des toilettes leur sont réservés et les nouveaux matériaux utilisés sont plus légers. Les hommes aussi peuvent dire merci...

Les groupes Femmes du Bâtiment Celles qui occupent déjà le terrain se réunissent dans les groupes Femmes du Bâtiment, fondés il y a plus de vingt ans par quelques pionnières. Marie-Josée Leroux, 53 ans, est chef de file du groupe de Pontoise. Cette ancienne institutrice s'est reconvertie il y a 28 ans après un congé parental pour aider son mari au sein de la société familiale de couvertures et charpentes. Ce qui l'a motivée ? "''Une passion pour l'esprit d'entreprise''". Responsable de la gestion administrative, elle n'a pas connu de problème d'intégration mais reconnaît que ''c'est beaucoup plus difficile pour celles qui sont sur le terrain''.

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Une conductrice de travaux Voilà pourquoi elle a ouvert les portes d'un chantier à 500 jeunes de la région dans le cadre des "Coulisses du bâtiment". La conductrice de travaux, une jeune femme de 27 ans, les a vraiment bluffés... Du coup, certaines filles se sont dit "pourquoi pas moi ?". "''Electricienne, peintre, dessinatrice... on leur explique de beaucoup de métiers du bâtiment leurs sont accessibles au même titre qu'aux hommes.''" Son mari et elle envisagent d'ailleurs d'embaucher prochainement une femme sur un de leurs chantiers, "''une démarche qu'on n'aurait jamais envisagé il y a quelques années''".

Plus d'infosLe site de la FFB, (Fédération française du bâtiment)Le site de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises dubâtiment

''Femmes du bâtiment, tempérament gagnant'', Timée éditions, Témoignages et portraits des pionnières de la féminisation du bâtiment.