A l'heure des Etats Généraux
Même les célèbres Olympe de Gouges (bientôt panthéonisée ?) ou Théroigne de Méricourt sont postérieurs à Marie de Vuigneras... Cette Charentaise du petit village de Charras part au combat dès le printemps 1789. Sous la pression du Tiers-Etat (1), Louis XVI finit par accepter que des Etats Généraux (l'ancêtre de nos débats participatifs...) se tiennent aux quatre coins du pays pour recevoir les doléances du peuple.

Le despotisme marital
Mme Vuigneras se bat tout d'abord pour l'admission des femmes à ces Etats Généraux. ''"Inconcevable et ridiculement prétentieux"'' lui rétorque la baronnie charentaise. Marie rédige alors un "cahier des doléances des femmes de la Charente" où elle expose la situation des femmes en cette fin du XVIIIe siècle : ''"Le despotisme marital, autant despote envers les femmes que l'est celui de l'aristocratie envers les peuples doit disparaître"''.

Les dames des Halles et des Faubourgs
Fort d'un petit succès local, Marie de Vuigneras monte à Paris, tenter l'aventure du journal. C'est la mode alors. Elle est encouragée par les journées des 5 et 6 octobre 1789 où les femmes montent en première ligne dans le combat révolutionnaire. Les dames des Halles et des Faubourgs, exaspérées par la pénurie de pain, exige que le Roi ratifie la nouvelle Constitution et confirme l'abolition des privilèges, décidé deux mois plus tôt par l'Assemblée nationale. Le 5 octobre, plus de 7 000 parisiennes partent à Versailles, hurler sous les fenêtres de la famille royale : ''"A Paris, à Paris"''. Devant la menace, Louis XVI cède immédiatement. Il accepte la Constitution et la famille royale quitte sur le champ Versailles pour s'installer définitivement aux Tuileries.

Les révolutionnaires ont bien ri...

Les Etrennes nationales des dames Profitant du succès de cette manifestation qu'elle pense d'inspiration féministe, Marie de Vuigneras fonde, le 30 novembre 1789, le premier journal résolument du côté des femmes : Les Etrennes nationales des dames.L'audace de ce tri-hebdomadaire impressionne. En 1789, une femme ose réclamer le divorce (qui ne sera finalement accordé qu'un siècle plus tard) et son propre plaisir. Les hommes, tout révolutionnaires qu'ils soient, ont bien ri... Le fruit n'est pas encore mûr. Après six mois d'une parution laborieuse, ce précurseur doit jeter l'éponge et Marie rejoindra sa Charente natale.

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Clubs interdits, Olympe guillotinée En octobre 1793, le Comité de Salut public, sous la houlette de Robespierre interdit les clubs féminins et l'exercice des droits politiques pour les femmes. Un mois plus tard, Olympe de Gouges, auteure de "La déclaration des droits de la femme" est guillotiné, Théroigne de Méricourt est envoyé en asile psychiatrique, et Condorcet qui a écrit un admirable pamphlet, "Sur l'admission des femmes au droit de cité" meurt, lui, en prison.Et les choses ne vont pas s'arranger avec le Code civil napoléonien qui place la femme sous la domination du chef de famille...

Voici le premier texte du premier journal de la (courte) histoire du féminisme... Clic !