Zelda est de Montgomery, Alabama. Elle a tout de suite été femme de Francis Scott Fitzgerald, rencontré dans les bals de l'insouciance de la guerre et de la jeunesse. Gilles Leroy la raconte à la première personne du singulier. Un hommage et un Goncourt...

Alabama song

''Je pleure vous dites ? Oui ? ''Je pleure vous dites ? Oui ? ... Ah ! Tiens... Je pleure.'' Zelda est éprouvée. Par les excès. Par le succès. Par la folie. Et par la vie aussi.Zelda, fille de Minnie et du vieux Juge qui se couche quand le soir tombe est de Montgomery, Alabama. Elle a tout de suite été femme de Francis Scott Fitzgerald, rencontré dans les bals de l'insouciance de la guerre et de la jeunesse. Enfant gâtée, elle aura une vie pourrie. Malgré le tourbillon à la Gatsby des premiers succès de Scott, l'alcool, la coke, la morphine, l'alcool et les électrochocs auront raison de sa raison déjà si fragile... De sa beauté insolente. Très vite elle ne sera plus cette "Southern Belle".''Mon corps est un fleuve, mon corps s'appelle Alabama au centre de mon corps est le delta dans la baie de Mobile mes jambes dessinent une presqu'île nommée plaisir elle plonge dans le Golfe du Mexique''.

Scott lui dérobera le succès De l'amour, elle n'aura connu qu'un mois, un seul, avec un aviateur français. Scott ne sera jamais vraiment ni un amour, ni un époux : ''J'ai épousé une poupée mâle et blonde pas capable de bander. Ma vie fut-elle seulement ce grand ratage ?''

Elle voulait être une ballerine. Eperdument. Elle ne le sera pas malgré des sacrifices.Elle voulait être une mère. Elle ne le sera pas. Scott lui retirera la garde de Patti...Elle voulait le succès. Elle ne l'aura guère. Scott lui dérobera : ''Ces mots de moi, il les copierait texto, parfois des dialogues entiers, des pages entières qui formeraient des nouvelles alimentaires qu'il envoyait à New York, dans mon dos. Mais tout ça n'était rien.'' Zelda sombrera dans la folie, Scott dans l'oubli, tous deux cramés par une vie sans répit, toute en dépit.

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Comme un hommage Pourtant Zelda a été une étoile fragile et précieuse, dotée du sens et de l'art des mots. Elle a été abandonnée à la folie, et aux médecins impuissants comme toujours dans ces cas-là. Son énergie, son goût de la liberté et de la provocation étaient dévastateurs, son chagrin sera destructeur. Zelda était une petite fille perdue, elle sera une jeune femme éperdue...De sa mère Minnie, elle écrira ''brimée, brisée, bridée...''. Elle le sera aussi. C'est en tout cas cette justice là que lui rend aujourd'hui Gilles Leroy dans une œuvre émouvante, hyper sensible. Un roman écrit à la première personne, "à l'américaine", dans un style vivant et pointilliste, et en deux temps, le temps de la jeunesse et celui de la folie. Comme un hommage...

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