9 mars 2006
La quête des prénoms

Daniel ou Danièle ?
Qui dit "futur bébé" dit "trouver un prénom". La responsabilité hallucinante. Vous vous rendez compte ? D'autant plus que mon nom - notre nom - est également un prénom. Donc faut pas se planter. Comme on aime bien ne pas faire simple, nous, on doit se trouver deux prénoms. Bah oui. +a nous apprendra à frimer style "oui euh nous on préfère avoir la surprise, on s'en fout de savoir si c'est un garçon ou une fille". Résultat, faut trouver deux prénoms.
J'avais d'abord pensé à lui filer un nom asexué. Style Dominique ou Daniel / Danièle. Ou Carlos / Carlosse. Mais Elle ne veut pas.
Faut donc aller à la pêche aux prénoms. Et ça, c'est un rude exercice. Parfois, je me relis et je me dis : si ça tombe, il/elle lira ça dans quelques années. Et bien, gamine / gamin, sache-le : la quête pour trouver ton prénom fut rude et éprouvante. Et amènera peut-être à l'un des tous premiers véritables compromis dans le couple de ton père et ta mère. Si, à l'heure où tu lis ces lignes, nous sommes séparés, il se peut bien que le début de la fin de notre couple se situe au choix de ton prénom. Si, si.

Tentatives...
Comme on a tous les deux des prénoms super communs, on a décidé d'offrir la chance à notre rejeton de porter un prénom un peu original, histoire d'avoir l'opportunité de sortir du lot juste
par son appellation (le culte de la performance dès sa première seconde de vie). On... euh j'avais pensé à Bézu, c'est carrément pas commun. Mais Elle n'aime pas non plus. C'est comme ça qu'on brise des élans de créativité. Ensuite, on a éliminé d'office plusieurs prénoms. Une liste rapide :

° Antoine, trop Optic 2000.
° Fabrice, trop Valise RTL.
° Thuram. On est pas trop foot. Et si ça tombe, fin juin, la France va se faire ratatiner à la Coupe du Monde. Evitons de lui filer le mauvais oeil.
° Zidane. De toute façon, même si la France gagne la Coupe du Monde, il ou elle sera arrivé(e) avant.
° Johnny. Et Jean-Philippe par la même occasion. Hélas, en France, Johnny est plutôt associé à Que je t'aimeeeeuh qu'au très classe Johnny Depp.
° Brandon. Trop Dylan.
° Bob. Trop Dylan aussi.
° Nicolas. Et rien à voir avec Sempé.
° Magnum. Trop chemise à fleurs et grosse moustache.
° Kevin. Trop Jason.
° Patrick. Trop Sébastien.
° Bernard. Trop comme son grand-père.
° Jean-Paul. Parce que.
° ... et plein d'autres, mais ça serait trop long.

Un prénom par hasard !

Les sites de prénoms Ensuite, on a parcouru les sites de prénoms. Il y en a plein sur le net, tapez prénom dans un moteur de recherche. Le problème avec ces sites-là, c'est le choix : il y en a tellement qu'on ne sait plus où donner de la tête. Et puis toutes ces stats, le nombre d'enfants par année portant tel prénom, ça finit par embrouiller la tête. Autre truc super emmerdant avec ce genre de sites : on y surfe ensemble. A chaque fois que je trouve un prénom qui me botte, Elle reste plutôt de marbre. Rah.

Au hasard des pages J'ai donc adopté une autre technique plus ludique : prendre un magazine (n'importe quelle sorte, télé par ex) et recenser tous les prénoms qu'on trouve. Comme la naine / le nain de jardin commence à être réceptif, on fait dans le participatif. "Ah ! Un film italien. Alberto, ça te dit ? Ou alors Roberto ? Oh, un documentaire sur Planète par un réalisateur serbe. Sasha ?" Si y toque pas, c'est qu'il est pas réceptif. Page suivante. Les Bronzés 3. Josiane ? Non, on va peut-être pas lui faire subir ça, la pauvre. Samedi soir. Patrick Séb... ha non, ça, on a éliminé. Pas très efficace non plus, comme méthode, en fait. Et périlleux en plus. Imaginez : s'il met un grand coup de pied sauté quand on tombe sur la page de Beverly Hills et qu'on l'interprète mal.

Ne pas décider Si ça tombe, il était juste en train de pioncer tranquille, à faire un joli rêve. Paf, dans son sommeil, il met un coup de pied à sa mère. Nous, interloqués mais respectant le choix du foetus, on lui colle comme prénom Brandon. Se balader avec Brandon étiqueté sur le front, toute sa vie. TOUTE SA VIE. Quiproquo parents enfant dès le plus jeune âge. Le drame.L'heure est donc plutôt au non choix. Des pistes se dessinent. Elle, consciencieuse, a déjà fait deux fois une liste de prénoms qu'Elle aimerait. A chaque fois, Elle a perdu le bout de papier.Connaissant la puissance organisationnelle de la bougresse, ça sent l'acte manqué à plein nez.

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Conclusion : décider de ne pas décider, c'est aussi une décision. Le prénom arrivera par lui-même. Et s'il n'arrive pas, on lui donnera le prénom de l'obstétricien si c'est un mec et de lasage-femme si c'est une fille.

Ceci est un extrait du livre "Futur papa" de Fabrice Florent, en vente dans toutes les librairies.

Lire l'article sur le livre !