Vive les Pintades
Dans la famille Pintades, je voudrai le poulailler de Téhéran... Après les Pintades à New York (Layla Demay et Laure Watrin) et les Pintades de Londres (de Virginie Leclerc), voici donc une croustillante chronique de la vie des Iraniennes. Comme à chaque fois dans cette impertinente collection des Editions Jacb-Duvernet dirigée Layla et Laure, l'auteure est journaliste et trentenaire. Là, il s'agit de Delphine Minou, qui vit et sévit à Téhéran depuis près d'une dizaine d'année, avec tchador et bonne humeur...

Un drôle de bouquin
Les Pintades à Téhéran est un drôle de bouquin, qui balance entre un guide du Routard, une étude sociologique, un shopping mode d'emploi et des "broderies"... Ces fameuses séances de bavardages autour d'un thé entre femmes à Téhéran dont Marjane Satrapi parsème ses BD...

Résultat, on sait tout sur la vie des femmes dans cette impressionnante mégalopole perse. Comment elles s'habillent (islamiquement correct dessus et affriolant dessous), comment elles travaillent, comment elles étudient, comment elles s'épilent, comment elles élèvent (mal) leurs enfants, comment elles font du sport (du skate et du vélo avec un tchador, c'est possible là-bas), ce qu'elles mangent (trop gourmandes), et même ce qu'elles pensent...

Liberté conditionnelle...

Parce qu'elles pensent... Parce qu'elles pensent. Elles pensent même très haut et très fort sous leur tchador, en dépit des contraintes d'une République islamique qui leur impose une quasi invisibilité dans la rue ou tout autre espace public et limite à tout va leur poids dans les espaces politique, juridique et social. Elles sont étonnantes de vitalité, d'ingéniosité et de modernité. Même si le poids des traditions pèse encore très lourd sur elles et notamment en ce qui concerne le mariage...

Plein d'héroïnes ! Last but not the least, Delphine parsème son ouvrage de portraits de femmes remarquables. Certaines nous sont connues : Chirine Ebadi, Prix Nobel de la Paix "star des droits de l'homme", Chahla Cherkat, fondatrice du magazine féminin "Zanan" (femmes). D'autres pas du tout, mais sont tout aussi fascinantes. Il y a Pouran, la seule femme chauffeur de taxi de la ville, Nazila Noebachari, businesswoman de charme (elle officie dans les transports...), il y a Fatemeh, milicienne islamiste, Maryam, la diseuse de bonne aventure et toutes les autres !

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Bref, on découvre l'Iran et ses Pintades à chaque page, on sourit, on rit beaucoup, on s'étonne et on se révolte parfois, mais on se dit surtout que parmi tous les poulaillers du monde, les pintades de Téhéran sont des sacrées poulettes !

Plus d'infos ! Les pintades de Téhéran, Delphine Minoui, Editions Jacob-Delafont

Le site des pintades!