Elle parsème les murs de mots et son sigle est une femme à son image, sur le sentier de la guerre, de l'art et de l'amour. Elle signe ses pochoirs de son surnom : Miss. Tic. Ni "graffeur", ni tagueur, elle se revendique avant tout comme une artiste. Démonstration en direct avec la Miss !

Quand on aime...
La Pasionaria du graffiti, routarde de l'image, ses dessins accompagnent depuis 1985 tous quartiers de Paris. Ses pochoirs parlent de sexe et de guerre, de réalité et de fiction. Elle parsème les murs de mots et son sigle est une femme à son image, icône récurrente sur le sentier de la guerre de l'art et de l'amour. Miss. Tic est aujourd'hui courtisée par des galeries, appréciée des anglo-saxons, et même exposée par certain musée (le Victoria & Albert Muséum de Londres vient de lui acheter des estampes). Cette très, très jeune "quinqua" (ancienne égérie de l'underground parisien née en 56) détourne et capture, provoque et enchante. Elle célèbre ses 20 ans de travail à la Galerie W à Montmartre du 14 au 27 novembre avec l'expo "Quand on aime, on a toujours 20 ans". Interview.

Miss.Tic est née du pochoir

Qui est Miss.Tic ?

C'est une petite sorcière tirée de Picsou magazine qui essaie en permanence de voler le sou fétiche de l'oncle Picsou sans jamais y arriver. Et c'est ma nouvelle identité, comme cela se pratique beaucoup aux USA. Miss.Tic a démarré à un de mes retours des Etats-Unis. A l'époque, je fréquentais l'Art Institut de San-Francisco et Los Angeles. J'ai découvert les "murales" à LA, j'ai été entourée de musiciens et de beaucoup d'artistes vidéastes. De retour à Paris, j'ai vu tous les gens dans la rue, et là, une stratégie et une vision se sont mises en place. C'était dans les années 80, il y avait un mouvement diffus et totalement anarchique. Certain se sont mis en groupe, comme Les Rippoulins, avec Fossueur ou Closky, comme VIP avec Jérôme Ménager. De mon côté, je côtoyais les gens du groupe Bazooka. Lorsque j'ai posé mon premier pochoir, j'ai senti que cette association texte / dessin, complétée par la signature "Miss.Tic", c'était mon truc. J'avais quelque chose à dire et Miss.Tic est née du pochoir. Une technique idéale pour se multiplier à l'infini dans la ville et sur n'importe quel support, toile, livre, pierre, asphalte.

Vous avez souvent été amalgamée aux jeunes "graffeurs" ou tagueurs ?

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Pourquoi pas ! Pour eux, je suis une ancienne, donc c'est "total respect". Ils connaissent mon travail et disent "elle a des couilles !". On prend les mêmes risques face à la répression policière.
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