Passée inaperçue...
Ne nous leurrons pas ! Ce texte fondateur de l'émancipation de la femme, écrit en 1791 par Olympe de Gouges est passé complètement inaperçue dans le tourbillon de la Révolution française. Peu d'historiens le mentionnent en effet. Il faut dire que son combat n'intéresse personne, même parmi ses collègues révolutionnaires...
Il faudra attendre les dernières décennies du XXe siècle et le bicentenaire de la Révolution pour qu'Olympe de Gouges sorte de l'indifférence, et qu'on lui attribue enfin le bâton de pèlerin des pionnières du féminisme.

Le mariage est le tombeau de l'amour
Fille naturelle du marquis Le Franc de Pompignan, née Marie Gouze, Olympe, né en 1848 à Montauban, quitte rapidement tout ce qu'on lui a imposé, la province, un mari et l'oisiveté des bourgeoises. Malgré les nombreuses sollicitations, cette belle jeune femme refusera de se remarier en ajoutant que "le mariage est le tombeau de la confiance et de l'amour".
A Paris, elle rêve de gloire littéraire, fréquente les salons mondains, écrit quelques pièces de théâtre sans grand succès.
Mais la révolution arrive. +a sera son affaire.

Abolir l'esclavage
Son premier combat se situe en faveur de l'abolition de l'esclavage. Elle connaîtra même un certain succès avec sa nouvelle pièce, "L'esclavage des Noirs ou l'heureux naufrage" jouée à la Comédie-Française.
Aux chaudes heures de la Révolution, Olympe fréquente plutôt les Mirabeau, La Fayette ou Necker, tous partisans de la Monarchie constitutionnelle. Elle propose même ses services aux avocats de Louis XVI pour le défendre. "''Le roi n'est pas coupable en tant qu'homme, mais uniquement comme souverain''", précise t-elle.

La cause des femmes

La tyrannie source inégalité Parallèlement, son combat prend une nouvelle ampleur avec la cause des femmes. En 1791, elle rédige, à l'adresse de Marie-Antoinette, ("''la protectrice de notre sexe''" ???), la Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne. Dans ce texte provocateur, Olympe de Gouges transpose la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 en démontrant la supercherie de l'universalité des droits. Au nom de l'humanité toute entière, les révolutionnaires parlent seulement du sexe masculin. Elle estime que la tyrannie exercée sur les femmes est la véritable matrice de toutes les formes d'inégalité. Mais la Révolution française n'a pas pu s'en prendre aux fondements des bastilles qu'elle renversait. "''Tant de luttes, tant d'espérances pour aboutir en fin de compte à un déplacement de la tyrannie, plutôt qu'à sa suppression !''", soupire t-elle.

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Femme des lumières En 1793, Olympe soutient les Girondins qui viennent d'être renversé par le Comité de Salut public. Robespierre instaure la Terreur et les chefs de la Gironde sont exécutés. La nouvelle pasionaria du féminisme est arrêté le 20 juillet 1793, accusée d'être l'auteur d'une affiche girondine. Condamnée à mort, elle est guillotinée le 3 novembre après avoir prononcé ses derniers mots : "''Enfants de la patrie, vous vengerez ma mort''". Ségolène Royal a entendu l'appel. Le 7 mars 2007, elle proposait, si elle est élue Présidente de la République, de transférer les cendres (qui ont disparu !) de cette femme des Lumières au Panthéon. Ultime précision, la Déclaration des droits de la femme n'a jamais été adoptée, ni même appliquée en son temps. Il faudra attendre quelque deux siècles plus tard pour que soit proclamée la Déclaration sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, par l'Assemblée générale des Nations unies le 7 novembre 1967...
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