Doris Lessing s'amuse. Elle nous entraîne tout doucement dans l'intimité des uns et puis des autres, et tout à coup tout s'emmêle. Elle joue avec les portraits, les histoires, les amours, les intimités et les rayons de soleil de sa plume indélicate. Ces femmes-là ne sont pas banales.

Sans morale apparente

Il fait beau, il fait chaud. Nous voici dans une station balnéaire où la vie est plus que parfaite. La plage. Le soleil. La mer. Et une terrasse ombragée où nos héros déjeunent bien agréablement. Deux petites filles courent autour de la table. Leurs pères et leurs grands-mères, les mères des garçons, picorent et sirotent en bavardant. L'image est idyllique. Ils sont beaux. Les hommes sont bronzés, les petites filles dorées. Les grand-mères sont séduisantes à l'extrême : "Deux dames d'une soixantaine d'années les suivaient, assez belles pour que personne n'eût songé à les juger vieilles. A une table visiblement bien connue d'eux, ils déposèrent sacs, paréos et joujoux ; c'étaient des êtres soignés et resplendissants, comme tous ceux qui savent profiter du soleil..."

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Doris Lessing s'amuse. Elle nous entraîne tout doucement dans l'intimité des uns et puis des autres, et tout à coup tout s'emmêle. Elle joue avec les portraits, les histoires, les amours, les intimités et les rayons de soleil de sa plume indélicate. Ces femmes-là ne sont pas banales. Roz et Lil sont avant tout liées par un sentiment difficile à cerner mais cependant irrésistible. Doris Lessing nous laisse nous égarer vers l'évidence. Mais non, ce n'est pas cela. Elles sont libres et belles, elles s'aiment irrémédiablement, mais pas de cette façon là. L'histoire est toute autre. C'est une histoire d'amour. A quatre. Doris Lessing met un point final à son histoire. Trois petits tours et puis s'en va. Sans morale apparente, sinon celle de la volupté et du bonheur. De la provocation à l'état pur de la part d'une vieille dame décidément indigne.Que du bonheur.

Les grands-mères, de Doris Lessing Editions Flammarion, 14 euros

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