Le Festival Films de Femmes de Créteil bouscule nos émotions. Dans une même journée, au gré des projections, il n'est pas rare de passer de l'abattement à l'euphorie. Ou vice-versa. Démonstration avec la projection de "Mon enfant, ma sœur, songe à la douleur" de Violaine de Villers et la soirée humour...

Festival de films de femmes de Créteil (c) Manon Rivière

Le Festival Films de Femmes de Créteil bouscule nos émotions. Dans une même journée, au gré des projections, il n'est pas rare de passer de l'abattement à l'euphorie. Ou vice-versa. C'était le cas vendredi...

Du rire aux larmes

18 H. Le combat contre les mutilations génitales féminines.

"Mon enfant, ma sœur, songe à la douleur", ainsi s'intitule le dernier opus de la réalisatrice belge Violaine de Villers. Un titre en hommage à Baudelaire. Car ici, la Fleur du Mal est bien le sexe de la femme africaine. Un sexe qu'il faut dominer, abîmer.

Dans ce film poignant, pas d'images crues ou de scènes répugnantes d'exciseuses à l'ouvrage. Mais un récit, à peine murmuré par certaines, qui décrit la barbarie d'un acte né du désir d'annihilation de la personnalité féminine.

Ici, il est question d'excision, ou encore pire infibulation. Cette pratique odieuse qui consiste à couper à la fois le clitoris et les petites lèvres pour coudre ensuite les grandes lèvres.

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La réalisatrice suit pas-à-pas la Sénégalaise Khadia Diallo, elle-même victime de cette pratique et qui a fondé à Bruxelles le GAMS, le groupement pour l'abolition des mutilations sexuelles féminines. Une femme qui a osé dire NON.

festival de films de femmes de Créteil (c) Manon Rivière

21 H. Soirée Humour au féminin

On l'a dit : les séances se suivent mais ne se ressemblent pas ! Le Festival fait aussi la part belle au rire, avec une douzaine de courts-métrages européens trop rigolos. Dans la catégorie "cartoon", on retiendra notamment "Une tragédie Grecque", de la Belge Nicole Van Goethem, la fille spirituelle de Reiser et de Mordillo. Au rayon loufoque, on trouve "Biyik", une production germano-turque de Lala Nalpantoglu, qui nous emmène dans une Istanbul déjantée où tout le monde (hommes, femmes et enfants) porte la moustache !

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Plus proche du cinéma réaliste allemand, le film suisse "Hoi Maya" de Claudia Lorenz raconte de manière touchante les retrouvailles entre deux anciennes amantes... Aujourd'hui âgées de 70 ans. Dans un tout autre style, mêlant danse contemporaine et vidéo, Bianca Li nous refait vivre les "Angoisses" liées au départ en avion. Enfin avec _"Happy Now", la danoise Frederikke Aspöck évoque avec talent la middle-class américaine qui rêve de sexe et de passion, mais dont les mariages tournent souvent au ralenti.La palme du délire total revient toutefois à la Norvégienne Benedicte Maria Orvung qui a eu l'idée saugrenue d'animer godemichés et autres objets sexuels dans "Toy Joy". Une femme qui a osé ! Le festival en live sur FemmesPlus__

Le Festival international de films de femmes de Créteil 2006