''Je suis Houria, je suis une femme, je suis Afghane.
Je vais être lapidée. Oubliez moi...''

Après une enfance passée entre une mère soumise et un père violent, Houria est vendue à un homme. Un homme qui l'asservira sans relâche. Sous son emprise, Houria n'aura ni le droit de parler et ne pourra marcher que sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger.
Finalement, un jour, elle tue ce mari violent. Emprisonnée, ce n'est que dans sa geôle qu'elle trouvera la force et le courage de parler, de se raconter. Elle a choisi de prendre sa liberté, même si celle-ci n'est qu'une affaire d'hommes. "Grâce à son imagination, elle s'évadera de sa cellule".

Houria, c'est une heure d'émotion, de rage, de douleur et d'espoir. Une actrice sur scène, avec un tabouret comme seul décor. Son jeu est remarquable : elle passe du rire aux larmes en un instant, nous transmettant des sentiments jamais ressentis jusque là. On se révolte avec elle. On pleure, on rit avec elle. Comment imaginer que des choses comme celles-ci puissent se passer ? Que la femme est un animal, que la femme n'est rien. Que son quotidien est le fouet, le viol, l'humiliation. Et qu'elle ne se plaint pas.

Cette pièce de Gaspare Dori, a été crée pour la première fois en 2001 au siège de l'UNESCO, à l'occasion de la journée de la femme. Bien avant le 11 septembre, quand le désintérêt pour l'Afghanistan était encore total. L'auteur parle de guerre mondiale sur le corps : "Il n'y a plus de champ de bataille aujourd'hui. Les guerres se déroulent sur le corps des plus faibles, des plus démunis"Il a alors choisi de raconter la vie de cette femme afghane qui est celle de tant d'autres, dans tant d'autres pays. Gaspare Dori croit en la vertu du théâtre : "Il peut changer les gens. On voit au théâtre des choses qui sont de l'ordre du magique."

Le théâtre peut changer les gens

Et en effet, on ne ressort pas indemne de la représentation. Une fois le rideau tombé, il règne un silence pesant, les spectateurs sont sous le choc, hébétés. Houria est une pièce magnifique, simple et pure, mais très difficile...

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Houria de Gaspare Dori, avec Pamella Edouard, à partir du 29 mars 2006 au théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème. Réservations : 01 45 44 57 34 ou par la compagnie Fideste

Le site de la compagnie

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