Vue de dos
Son dos est certainement la partie la plus célèbre de son corps. Man Ray l'immortalisa pour ''Le Violon d'Ingres'', une photographie symbole du surréalisme. Kiki, muse de l'artiste américain, fut l'égérie du Tout-Montparnasse de l'entre-deux-guerres. Catel Muller, dessinatrice, et José-Louis Bocquet, romancier, ont entrepris de raconter sa vie mouvementée dans une bande dessinée en noir et blanc, véritable biographie en bulles.

Le Montparnasse de Kiki
Le destin d'Alice Prin en valait la peine... A quatorze ans, ses jolies courbes, son charmant minois et un porte-monnaie vide poussent cette petite provinciale inculte à devenir modèle pour les artistes d'un quartier parisien en pleine ébullition : Montparnasse. Satellite des surréalistes des années vingt, la gouailleuse Kiki tombe amoureuse de Man Ray, pose pour Léonard Foujita, fume de l'opium avec Cocteau, s'amuse avec Ernest Hemingway. "''Montparnasse, à l'époque, était un lieu hors normes, imperméable aux conventions de l'époque''", explique José-Louis Bocquet, qui a signé le scénario.

Une BD réalité

Une BD réalité Branchée avant l'heure, la brunette se fond dans ce milieu artistique. L'incurable oiseau de nuit, accro à la "coco", nue et libertine sous l'objectif de Man Ray, mène une vie de débauche qui détonne même dans ces années dites folles. Catel et Bocquet, très bien documentés, nous font découvrir ce Paris fou des artistes. Sans s'appesantir sur les dernières années de l'égérie, pathétiques, au début des années 50, usées par la fête et l'alcool. Les lecteurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : cet album, plusieurs fois primé, a notamment obtenu le Prix Fnac-SNCF au dernier festival d'Angoulême. Kiki la scandaleuse a toujours son public !

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Plus d'infos ! Kiki de Montparnasse, Catel et Bocquet, Casterman écritures. Man Ray à la Pinacothèque, jusqu'au 1er juin 2008 La BD, on s'y met !

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