Exotiques et dépravés...
Chapeau Chabrol ! Avec "La fille coupée en deux", il peut concourir au championnat du film le plus glauque. A côté, Festen relève de la "gnognotte"...
Et pourtant, on devrait être vaccinées depuis le temps (du Beau Serge ou Boucher...), il n'en démord pas. Son seul et unique objet reste de dénoncer les us et coutumes de ce que nous avons probablement de plus exotique et dépravé à la fois, c'est-à-dire nos bourgeois.
Il les peint, il les dépeint, il les décrit, il les décrie avec cynisme et cruauté, avec une volonté de nuire proche de l'acharnement thérapeutique. Mais bon sang, qu'est-ce qu'ils ont bien pu lui faire?!

Un petit con et un gros dégueulasse
La fille coupée en deux, Gabrielle Deneige (blanche comme l'ange...), alias Ludivine Sagnier, n'en est pas. Bien entendu. Et c'est bien là tout le drame.
Elle n'aura pourtant de cesse de les approcher au plus près, comme si il était incontournable d'être fascinée par eux.... Eux ici, sont "d'anciens possédants" ou des "faux puissants" (''"ces gens de la télé et de l'édition..."''), dixit Chabrol.

Un petit con et un gros dégueulasse
La fille coupée en deux, Gabrielle Deneige (blanche comme l'ange...), alias Ludivine Sagnier, n'en est pas. Bien entendu. Et c'est bien là tout le drame.
Elle n'aura pourtant de cesse de les approcher au plus près, comme si il était incontournable d'être fascinée par eux.... Eux ici, sont "d'anciens possédants" ou des "faux puissants" (''"ces gens de la télé et de l'édition..."''), dixit Chabrol.
Dans l'ordre, voici donc, Paul Gaudens (Benoît Magimel, exceptionnel), fils de, petit con par excellence, et schizoïde de surcroît. Voilà ensuite Charles Saint Denis (anciennement Charles Denis, ici interprété par un François Berléand redoutablement magistral). Ecrivain de renom, arrogant et fat, barbotant entre succès de pacotille et pornographie aigue, pratiquant l'un à l'occasion de signatures dans des librairies de quartier ou des soirées bidons de bienfaisance, et l'autre à au cours de parties fines, en duo ou entre amis, dans son baise-en-ville ou dans un claque qui a plus que pignon sur rue dans cette bonne bourgade de Lyon... Bref, pour faire court, c'est un gros dégueulasse...

Quand aux femmes...

Les femmes ne sont pas terribles non plus. Madame Saint Denis semble shootée à son bonheur factice. Elle ne veut rien voir ni rien entendre, tout juste lâche-t-elle des mots d'amours bidons auxquels on ne croit pas plus qu'elle...

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Dégénérée, dépassée, désabusée Il y a la mère de Paul. Une pure-sang dégénérée, farouchement arque boutée sur ses valeurs et ses principes. On n'en fait plus comme ça. Mais quelle horreur, ça ne recule devant rien ces bêtes là... Il y a la maman de Gabrielle, mère fille, mère courage, elle est totalement dépassée... Puis la belle amie Capucine. Fidèle, perverse et désabusée. Inutile de dire que le petit ange va perdre des plumes, et même cramer toutes ses plumes dans cette histoire inspirée d'un very british fait divers. Nous, on a failli être écoeuré à tout jamais du cinéma...
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Plus d'infos

Le site de La fille coupée en deux de Claude Chabrol, avec Ludivine Sagnier, Mathilda May, François Berléand, Benoît Magimel.

L'affiche du film est signée Mistic

Remerciements au cinéma Le Melville, 28, rue de la République, Rouen