La comédie sentimentale
Mission reportage. Un déjeuner conférence de presse pour une promo de film. Une fois n'est pas coutume, ce sont les stars qui vont courir autour des journalistes, de table en table, à chaque changement de plat. Sympa (pour la digestion...).
Les stars ? Lindon, Bonnaire, Berléand et Liane Foly. Le film ? Je crois que je l'aime. Une comédie sentimentale. Un genre jusque là réservé aux anglo-saxons. D'abord aux maîtres du genre: Lubistch, Donen, Billy Wilder et consorts. Puis à d'autres, plus contemporains dont on a oublié plus vite leur noms que le titre de leurs films : Pretty woman, Coup de foudre à Notting Hill et autres Love Actually...
La recette est simple : un couple improbable, des témoins pas forcément bienveillants et des quiproquos féroces et donc cocasses... Mais l'art est difficile. Il s'agit d'instiller avec élégance et légèreté humour et émotion au plus grand nombre. C'est dire !

Le French Loach
Premier round de table avec le réalisateur et co-scénariste. Lunettes rondes et pantalon de velours côtelé. Pas grand, pas glam', pas bégueule. Juste doué. 13 films à son palmarès (dont 6 co écrits avec Simon Michael comme celui-ci), et un succès à chaque fois plus grand.
Son univers de prédilection : le "French Loach". ''"Je n'ai pas beaucoup d'imagination. Je ne peux que parler de ce que je connais. Mes films donnent la vision du monde où je vis"''. Et celle-là est parfois compliquée, avec des soucis, pas trop de boulot et pas trop de fric. C'est comme ça qu'il a fait "Ma petite entreprise", "Fred" ou le très banlieusard "Zim and Co"... Et puis, tout d'un coup, badaboum.

Envie de séduction

Envie du mood de la séduction ''"J'avais envie de faire un film d'amour. +a me manquait. Et puis filmer la séduction. C'était ça mon envie. D'abord parce que je n'ai jamais été un séducteur et puis parce que je suis très heureux avec ma femme depuis de longues années (il est un "happy man", NDLR). Mais voilà, j'avais envie du mood de la séduction !"'' Pierre Jolivet éclate de rire, absolument ravi : ''"Et ce n'est pas facile de courtiser une femme..."'' Mais la comédie sentimentale n'est pas si facile non plus...

Elle masculine, lui, féminin L'amour improbable de Jolivet confronte-là l'industrie et l'art. Mais pas n'importe quel art. L'art artisan de la terre et du feu. Elsa-Sandrine Bonnaire est céramiste. Lucas-Vincent Lindon, est industriel. Le second a commandé une fresque à la première... ''"Elsa est à l'opposé du fantasme des magazines féminins. Elle est "masculine", elle pétris la terre, elle travaille avec le feu. C'est pour moi la chose la plus séduisante..."'' Et Lucas ? ''"Lucas est faillible. Il est bien plus féminin. Comme Vincent dans la vie."'' Et vous Pierre ? ''"Je ne suis séduit que par des femmes qui mélange les genres comme ça..."''

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Aimer, c'est s'abandonner Elsa et Lucas n'ont rien (en apparence) pour se rencontrer ''"Ils représentent deux mondes opposés, mais ils sont une vraie femme et un vrai homme (la quarantaine et tout le tintouin...) et chacun va faire un chemin vers ce qui représente ses préjugés"'' Et puis sa peur d'aimer. ''"Bien oui, parce qu'aimer, ça fait peur. Aimer, c'est s'abandonner"''. C'est beau et c'est bien quand Pierre Jolivet parle d'amour...

Je crois que je l'aime Film français de Pierre Jolivet Avec Sandrine Bonnaire, Vincent Lindon, François Berléand, Liane FolyDistribué par Studio Canal

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