L'exposition porte fièrement son nom. Les vingt neuf artistes de la scène artistique émergente française sélectionnés par le Palais de Tokyo racontent bien "notre histoire..." et dressent un portrait de notre société criant de réalisme, à l'équilibre entre le ludique et le représentatif. Une société de consommation écartelée entre guerre et paix, candeur et dureté, et embourbée dans les médias. La notre.

Entrer dans le Palais de Tokyo, c'est comme pénétrer dans une fête foraine géante où les manèges, les figures de dessins animés et les grandes fresques colorées kitchissimes sont rois. Du moins en apparence.
Car à regarder de plus près, Batman s'est transformé en "Fat Bat" après avoir ingurgité trop de hamburgers (installations de Virginie Barré), les Bambis et lapins roses de Michael Lin ont la tête à l'envers, le château en carton de Fabien Verschaere cache une scène angoissante de conte de fée.
Damned ! Nos rêves d'enfance ne seraient qu'illusions.

La réalité trouble

Autres points de vue, les installations de l'artiste chinois Wang Du, d'Alain Declercq, de Bruno Serralongue et de Kader Attia revisitent l'actualité et sa couverture médiatique. Ils proposent au visiteur d'établir une distance par rapport aux événements (enfin !). A l'instar du mur de matraques "Arabesque" de Kader Attia, particulièrement surprenant, se situe à mi-chemin entre le graphisme de Mondrian, la calligraphie arabe et l'actualité politique. Les matraques, récupérées dans les banlieues suite aux émeutes de cet automne, reproduisent les premières sourates du Coran. Wang Du ("Luxe populaire"), nous fait allégrement piétiner des journaux pour poursuivre la visite...

Nicolas Moulin et Leandro Erlich signent des installations toutes aussi engagées et intrigantes. Pénétrer dans l'univers du premier, s'allonger au milieu d'une petite pièce sombre de quelques mètres carrés pour regarder les traces des avions, sur vidéo, au plafond... Relaxant. Mais angoissant... Normal, ce sont des toxines qui sont lâchées dans le ciel. Chimical dream.

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Le second nous convie au "Smoking Room". Une petite salle d'attente aux allures d'aéroports. Un bocal aux vitres embuées. Et on se laisse prendre par l'effet d'optique. Leandro Erlich est un maître du trucage. Sa réalité est plus trouble qu'il n'y parait. Un peu comme toutes ces œuvres d'ailleurs, plus que jamais à découvrir, au Palais de Tokyo, jusqu'au 7 mai.

"Notre histoire..." au Palais de Tokyo jusqu'au 7 mai 200613, avenue du Président Wilson, Paris 16èmeRenseignements : 01 47 23 38 86Le site du Palais de Tokyo

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