Planète Cannes
Le temps des douze jours que dure le Festival du Film, Cannes ressemble à une toute petite planète qui se regarde le nombril et tourne sur elle-même pour se faire admirer.

Le luxe et la douceur de vivre y sont insolents. Et même si ce tout petit monde est parfois rattrapé par l'autre, le grand, le vrai, qui vibre et qui gronde au dehors et se manifeste sous la forme d'infirmières en grève ou d'intermittents du spectacle en smoking, cette enclave spatio-temporelle se borne à ne parler et ne faire parler que de cinéma, de cinéma et de cinéma.

Soyons justes, le temps qu'il fait a aussi sa place (les montées des marches rituelles sont beaucoup moins glamour sous la pluie). Ainsi que la présence (ou l'absence) des stars. Et la présence (ou l'absence) des robes de ces dames.

Il y a plusieurs façons de vivre un Festival de Cannes, mais pour faire court nous en retiendrons deux.

Pingouins et chauves souris

D'une part, les pingouins en smoking qui assistent à la projection du soir et aux fêtes qui s'ensuivent dans des villas somptueuses et d'autre part, les chauve-souris nyctalopes qui se lèvent dès potron-minet pour entamer à 8h 30 leur première séance ciné. Celle-ci sera suivie de trois ou quatre autres selon leur endurance et leur appétit (soit que la pause déjeuner se résume à un sandwich acheté au prix du caviar Sevruga et avalé à la hâte entre deux séances soit qu'il pousse le luxe d'une salade-grillade au prix du caviar Beluga Impérial savourée sur la plage au son des conversations professionnelles des tables voisines et du doux clapotis de l'eau).

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Yeux cernés, cheveux en pétard En principe, le (la) journaliste fait partie de cette seconde catégorie : il (elle) a les yeux cernés et les cheveux en pétard, il (elle) s'est parfois couché fort tard pour avoir discuté à perte de vue sur la beauté formelle d'un plan qu'un de ses confrères trouvait prosaïquement "à chier", mais il (elle) ne sait pas du tout ce que portait Naomi Campbell la veille au soir. Il (elle) est irrécupérable pour les amateurs de potins, mais son air hébété et la flamme qui s'allume parfois dans ses yeux quand il (elle) parle d'un film sont authentiques.

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