Les "gogoleries", c'est comme ça qu'il désigne mon petit faible à moi, mes séries télé favorites. Vous savez, ces séries dont seuls les Américains ont le secret : Les Sopranos, Six Feet Under, Desperate Housewives.... Eh bien oui, je suis accro ! Pour preuve : cela fait plus d'une semaine que je suis scrupuleusement le décompte de Paris Première qui annonce "Nip/Tuck", le retour. La date est gravée dans mon esprit : le mercredi 11 janvier.
J- 10, J-9, je palpite, J-2, je frémis. Je me vois déjà, le nez sur la télé, bien calée dans mon lit. Rien ne pourra venir contrarier mes plans. De toute façon, j'ai libéré mon agenda de toutes contraintes tous les mercredis soir à venir afin de pouvoir suivre tranquillement, et déraisonnablement, cette troisième saison.
Si le lecteur (ou toi, la lectrice) me prend ici pour une douce dingue, c'est parce qu'il (elle) ignore tout de cette fascinante série télé... Il ou elle a peut-être bien de la chance, parce que cette chose passionnante et jubilatoire relève quand même d'un registre discutable : iconoclaste, politiquement incorrect, gore et provo.
Explications.

Intraduisible littéralement, "Nip/Tuck" provient de l'argot des chirurgiens nord-américains et signifie à peu près "petit raccommodage". Car il s'agit bien de cela. Pas de couture bien sûr, mais de chirurgie esthétique ! Le scénario ? Deux chirurgiens esthétiques jonglent entre les patients de leur clinique de Miami et leur vie privée plus que mouvementée. Il y a d'abord le Docteur Sean McNamara, un brin rigide, marié, père de famille, en apparence satisfait de sa vie. Il est le gendre idéal du président Bush avec toute la panoplie des valeurs morales de l'Amérique. Ce n'est pas le cas de son compère, Christian Troy. Lui est un célibataire à la libido insatiable, séduisant et un séducteur impénitent.

Mais comme de bien entendu, ce bon Docteur McNamara n'est pas aussi lisse qu'il en a l'air, il va même se payer une bonne crise existentielle. Quant au beau diable de Dr Troy, apparemment dépourvu de valeurs morales, il va se révéler bien différent au fil des épisodes. D'ailleurs, la frontière entre les deux personnages est rapidement devenue floue, à tel point que les rôles se sont inversés. Suspense, surprise et sexe avec une petite dose d'hémoglobine sur fond de Rn'B ou de musique classique, et voilà le travail. Quand on vous dit que c'est génial...

Nip/Tuck addict

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Chaque épisode met en scène des opérations chirurgicales toutes plus folles, plus kitsch ou plus osées les unes que les autres. Ces scènes du bloc opératoire sont gores à souhait (on ne nous épargne aucun détail, voire on en rajoute). Les patients (un tout neuf à chaque fois) vont du drôle (un homme désespéré par son micro pénis) au burlesque (une fille veut un moule de son sexe pour améliorer la poupée gonflable à son effigie) en passant par les dangereux (des trafiquants de drogues passent la cocaïne dans la poitrine de Mexicaines). Homosexualité, religion, inceste, viol, adoption... Au fil des saisons, Nip/Tuck traite de tous les sujets. Par les désaccords de nos deux héros et leurs discussions endiablées, on sent la volonté de créer le débat, et au final, de briser les tabous. Une chose est sûre : quand vous aurez passé quelques soirées avec ces deux fous du scalpel, vous hésiterez à vous faire faire une "petite retouche" !

Le site officiel de Nip/Tuck

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