Elles sont trois. Il y a Simone, la blonde à l'air timide, Maria, la brune décidée et Carola, à la caméra. Toutes trois ont décidé de faire un documentaire sur les femmes, la mer, les femmes marin pêcheurs. Le titre : Le capitaine est une femme. Un portrait croisé original de deux femmes, Scarlette, la Bretonne, et de Judith, la Bavaroise. Elles ont en commun leur amour de la mer, de la solitude... et du grand large. Interview des trois réalisatrices...

Femmesplus : Comment est née cette idée ?
Maria : Je passe souvent mes vacances près de Quimper, en Bretagne. Un jour, j'ai entendu parler de Scarlette, la seule femme marin pêcheur du coin. J'ai tout de suite souhaité la rencontrer. J'ai décidé d'en faire un film en la voyant, avec son caractère bien trempé. On a ensuite connu Judith, la seule femme marin du lac de Constance.

Qu'est-ce qui rapproche le plus ces deux femmes ?
Maria : C'est leur volonté d'indépendance, de vouloir se prendre en charge toutes seules... Et cet air décidé ! Il faut s'imposer, pour se faire respecter en tant que femme marin pêcheur. Dans le film, Scarlette dit que le pays bigoudin, en Bretagne, fonctionne comme un matriarcat. Ce n'est pas faux, car la tradition veut que les hommes partent en mer toute la journée et les femmes, qui restent à terre, prennent en charge la vie de la maison et gèrent le portefeuille. Mais elle exagère un peu ! Le matriarcat, pour moi, ce n'est pas les femmes qui attendent leur homme sur le quai...

Simone : Il y a une vraie différence entre elles : la vie de Judith est entièrement tournée vers le travail. Et puis, elle navigue sur un lac, qui est une étendu clos beaucoup moins dangereux que l'Océan Pacifique de Scarlette. De l'autre côté, la vie de marin s'est imposée à Judith car c'était sa seule façon de survivre. Scarlette elle, l'a choisie sur le tard, à 28 ans. Cétait un défi. Fille, petite-fille et épouse de marin, elle n'avait pas le droit d'aller à l'école de pêche car elle était une fille. Son père était très autoritaire. Aujourd'hui, elle commande trois bateaux et milite dans un syndicat de marins. Elle ne s'arrête jamais. Levée à 5 h 00 et jamais couchée avant minuit.

Se battre sans arrêt

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Pensez-vous que ces portraits de femmes pourraient servir d'exemple ? Maria : Je ne crois pas. La vie de marin est vraiment très spéciale, très dure et ces femmes restent des exceptions. Il faut se battre sans arrêt et être sans doute encore plus performante que les hommes.
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Le Capitaine est une femme, de Almut Maria Roehrl et Simone Heyder, France/Allemagne, 60 minutes

__Le festival en live sur FemmesPlus__

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