+a doit nous rappeler quelque chose...
Elles ont la quarantaine marquée, des histoires plein les bas et la mini jupe moyennement affriolante. Ce sont des mères. Des vraies mamans souffrance. Et puis des mamans courage aussi. Les femmes se racontent au théâtre, à la Commune d'Aubervilliers et à Marigny, et on aime bien. Surtout quand le désespoir se transforme en pétillante dérision, à la faveur de deux monologues mi figue mi raisin délivrés par Ariane Ascaride... +a doit nous rappeler quelque chose.

La Madone et l'enfant Jésus
Voilà la "Maman bohème", dégingandée dans ses fripes dépareillées. Les carabiniers aux fesses, un peu essoufflée, c'est au confessionnal que l'on fait sa connaissance. C'est sa planque. N'en déplaise au bon Dieu, elle a décidé d'en profiter pour se confesser. Non, elle n'a "pas été un modèle de vertu"... Mais "Je l'aimais mon mari... avant de l'épouser !".
Comme bien d'autres, elle n'a compris que tardivement que le droit de travailler ne la dispensait pas de faire le ménage... "''Quelle couillonnade !''" Puis, le divin enfant est arrivé, lui permettant, alléluia, de rester clouée au lit pendant neuf mois, entre deux vomissements. Elle l'élèvera "''comme l'enfant Jésus, en se prenant pour une madone, pendant que son mari faisait l'âne et le bœuf en même temps''".

La Perfect maman
En deuxième partie, Ariane Ascaride prend tablier et spatules et devient une parfaite maman fourneau, version sixties pour interpréter "Médée". Un autre monologue. En attendant Jason, parti jouer au tennis, elle se rejoue le mythe grec de la femme qui se sacrifie pour l'amour de son mari, avant de se voir elle-même sacrifiée "''pour de la chair fraîche''".
Ce qui est nous menace toutes, dixit Médée...
Ici, Ariane Ascaride rend sa grandeur aux premiers combats féministes, ceux qui ont inspiré les auteurs de ces prologues, Dario Fo et sa femme Franca Rame, deux militants italiens des années 1970. Au Théâtre de la Commune, ce n'est que le début d'une longue saison consacrée aux "Mères"...

"En allant à Saint Ives"

"Cesse-t-on jamais d'être mère" Du côté de "Saint Ives", au Théâtre Marigny, elles sont deux. Elles ne se connaissent pas vraiment, mais elles vont tout de même s'embarquer dans un dialogue, un partage de souffrances et de violence. C'est une pièce de Lee Blessing, dramatico-mélo, sur fond de différences culturelles.

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L'une est blanche, américaine et ophtalmo ; l'autre est belle, imposante dans de luxueux apparats africains. C'est une impératrice. La froide blonde a perdu son fils (dont accessoirement, elle se rend coupable...). La grande femme noire est cliente. Ses yeux. Et autre chose aussi. De tous les crimes de son fils, tortionnaire au pays... Un chantage va s'imposer en elles, du poison contre la rédemption, chacune devenant l'espoir de l'autre, se suivant d'Angleterre, en Afrique, jusqu'aux portes de la mort.

"''Cesse t'on un jour d'être mère ?''" La question est posée...

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La maman bohème suivi de Médée, avec Ariane Ascaride Jusqu'au 17 décembre 2006 au Théâtre de la Commune, Aubervilliers (93) Renseignements : 01 48 33 16 16

Le site du Théâtre de la Commune

En allant à Saint Ives, avec Béatrice Agenin et Yane Mareine Au Théâtre Marigny, salle Popesco, Paris 8ème Renseignements : 01 53 96 70 20

Le site du Théâtre Marigny

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