"La vie en Rose", une revue féministe, a profondément marqué les esprits au Québec. Créée en 1980 par quatre copines, elle a disparu des kiosques après sept ans, faute de financements. 25 ans plus tard, la documentariste Nathalie Trépanier filme la genèse d'un hors-série anniversaire, publié en 2005.

"La vie en Rose", une revue féministe, a profondément marqué les esprits au Québec. Créée en 1980 par quatre copines, elle a disparu des kiosques après sept ans, faute de financements. 25 ans plus tard, la documentariste Nathalie Trépanier filme la genèse d'un hors-série anniversaire, publié en 2005.

FemmesPlus : Quel a été l'impact de "La vie en Rose" sur les femmes québécoises ? Nathalie Trépanier : Personnellement, je n'étais qu'une enfant à l'époque où il existait, mais je sais que c'était une bouffée d'air frais pour beaucoup de femmes ! Un vent d'ouverture et de modernité venu tout droit de Montréal. C'était un magazine pluraliste, qui ralliait aussi bien les "dures" du mouvement féministe que les plus modérées. Après ça, il n'y a jamais rien eu de pareil au Québec.

Plein feux sur le féminisme québécois !

Comment s'est passé votre rencontre avec les anciennes journalistes de "La vie en Rose" ? Elles cherchaient une jeune réalisatrice pour faire un documentaire sur l'élaboration du hors-série. Je les connaissais de nom, car elles sont très engagées au Québec. Mais les rencontrer pour de vrai a été une révélation, "un coup de foudre cinématographique" ! Ce sont des féministes convaincues, mais qui sont aussi très ouvertes d'esprit, très respectueuses des idées différentes.

Où en est le combat féministe au Québec aujourd'hui ? On a un peu le sentiment d'avoir tout acquis. Pourtant, il faut rester très vigilantes. Au Québec, le problème, c'est qu'en surface tout à l'air bien égalitaire. Mais les difficultés arrivent avec le premier enfant. Là, la femme se fait mettre de côté dans son travail, on ne lui propose plus de postes intéressants, etc. Je suis convaincue que dans le fond, notre société reste très misogyne. Il va falloir attendre longtemps pour que l'on ait une femme au pouvoir...

Publicité
Publicité
Selon vous pourquoi a-t-on honte parfois de se dire féministe aujourd'hui ? Probablement à cause des étiquettes qui ont été véhiculées, notamment par les médias... qui étaient contrôlés par des hommes. Quand on dit "féministes", on pense à des femmes hystériques qui brûlent leur soutien-gorge ! Mais, il est ridicule de croire que les féministes n'aiment pas les hommes. Elles luttent simplement pour être considérées à leur juste valeur.

"On a pas dit notre dernier mot, La vie en Rose", de Nathalie Trépanier. Canada (2005). 46 min. Film couleur en v.o français. Virage-Productions

__Le festival en live sur FemmesPlus__

Le Festival de films de femmes

Publicité