Si vous n'aimez pas les grands sentiments, les histoires d'amour belles mais tristes, les amitiés à la vie à la mort, la vie au jour le jour, les aventuriers urbains et le rock électrisé... Passez votre chemin. Et si vous n'aimez pas les comédies musicales, n'insistez pas.
RENT, c'est la Bohème de Puccini sous acides. C'est Roméo et Juliette dans les bas fonds de New York, c'est les 400 coups made in années 90 : c'est tout ça à la fois. Cultissime.

Résumé : à la fin des années 90, un musicien metteur en scène très inspiré, Jonathan Larson, décide de raconter en musique l'histoire de jeunes artistes qui essayent de survivre dans le New York aujourd'hui. Il écrit donc un opéra rock autour des thèmes qui touchent la jeunesse : la drogue, le sida, la précarité et surtout, l'espoir.

L'histoire ? Une adaptation très libre de La Bohème de Puccini. En bref, Mark, Roger et Collin sont amis pour la vie. Le premier est un cinéaste qui essaie de percer, le second un musicien condamné par le sida, le dernier un anarchiste gay. Ils vivent dans un squat d'Alphabet City, un quartier pauvre New-Yorkais.
Le soir de Noël, Roger rencontre Mimi et essaie d'oublier sa maladie, Mark tente de reconquérir Maureen qui la quitté pour une avocate et Collin voit Angel débarquer dans sa vie. Mais, leur ancien colocataire, Benny, est devenu riche, a acheté leur immeuble et leur réclame le loyer, qu'ils ne peuvent pas payer.

Et cela donne RENT, le loyer en Français dans le texte, ou les destins croisés de cinq New-yorkais fauchés et menacés d'expulsion. Ils se battent donc pour leur survie, avec leur armes : la musique pour l'un, les images ou la danse pour l'autre et pour tous, l'espoir chevillé au corps.
Son créateur, Jonathan Larson, ne verra jamais RENT sur scène, il meurt quelques jours avant la première. Mais le succès est immédiat et sa pièce devient le symbole de toute une génération. Les récompenses pleuvent (RENT obtient même le prix Pulitzer !), le phénomène est lancé.

Des planches à l'écran

RENT brûle les planches de Broadway depuis dix ans, les adaptations fleurissent dans tous les pays anglophones. Vous avez réussi à échapper à la déferlante jusqu'ici ? Trop tard. RENT débarque sur les écrans français et ça risque de faire du bruit. Il faut l'admettre : transposer une comédie musicale culte au cinéma est une entreprise périlleuse qui peut se révéler catastrophique. Mais les contre-exemples ne manquent pas. Souvenez vous de Love Story, West Side Story ou les Demoiselles de Rochefort Story...

En l'occurrence RENT s'en sort bien, et ce pour deux raisons. Tout d'abord, la production a eu le bon goût de demander aux acteurs originaux de reprendre leurs rôles à l'écran. Le casting ne compte que deux petites nouvelles (Mimi et Joanne) et l'alchimie fonctionne. Secundo, les décors extérieurs, soit les bas fonds industriels de New York, sont parfaits et ajoutent une nouvelle dimension. Résultat : on ferme les yeux sur les quelques digressions, on apprécie ce nouveau spectacle et on applaudit en vrac : les chorégraphies électrisées d'Angel, la rage au ventre de Roger, la passion fiévreuse de Mimi et loyauté sans partage de Collin.

Publicité
Publicité
De RENT se dégagent la souffrance d'une génération précaire et sa fureur de vivre (à ne pas rater, la chanson collégiale ''La Vie Bohème'', hommage vibrant à l'anti-politiquement-correct). 2 h 15 de musique, de larmes et de rock, l'air de rien, ça fait du bien.

RENT Sortie le 12 avrilUn film de Chris Colombus

Le site officiel du film