Et elle arrive. Simple. Indémodable. En jean et pull en V, comme il se doit. Une sacoche en cuir à la ceinture. Son habituel et large sourire aux lèvres. Jane Birkin, l'invitée d'honneur du festival, conquiert le public dès ses premières phrases. La 28ème édition du festival lui rend cette année particulièrement hommage en projetant six de ses films qu'elle a choisis pour l'occasion.

Ce soir, elle est venue présenter la projection de la Pirate, un film méconnu de Jacques Doillon qui date de 1984.''"J'enlève mon chapeau à Jacques, le meilleur écrivain de le cinéma français, entame brillamment Jane. Et si un jour je claque, j'espèrent bien qu'ils passeront ce film-là à la télé et pas une connerie, parce que j'en ai fait pas mal"''.
La Pirate, sifflé par le public de Cannes, relate l'histoire passionnelle d'Alma, une jeune femme déchirée entre deux amours. Son désir se partage entre son mari, Andrew, incarné par le frère de Jane Birkin, Andrew Birkin, et une femme, la Pirate, interprétée par la jeune Maruschka Detmers.
Les scènes d'amour entre femmes choquèrent à l'époque...

Lors du long échange qui la confronte au public suite au film, Jane revient sur le déroulé du tournage. Une femme, émue, la couvre de compliments. ''"Vous ne pouvez pas savoir ce que ça me fait plaisir, lui répond Jane, on m'a longtemps pris pour quelqu'un de frivole. J'ai eu deux vies parallèles, celle avec Serge, la plus connue et une autre, où j'ai fait des films de ce genre"''.

Décontractée, presque bavarde, elle converse avec les spectateurs pendant près d'une heure, se confie, ne rechigne à aucune question. Elle évoque le scandale du film, parle du talent de Doillon, son compagnon de l'époque, de Jacques Rivette, "Charlotte" et de "Serge", bien sûr, ''"le plus français des Juifs Russes"'', de sa générosité, de son génie, de son avant-gardisme parfois incompris.
Et puis, il y a l'accent de Jane. Un monument.
''"Quand même, quand je revois la Pirate, je me rends compte que j'avais un sacré accent à l'époque, et ça me fait un peu honte"''.
C'est pour ça qu'on l'aime.
__Le festival en live sur FemmesPlus__

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Le programme de Jane et de la semaine

Le festival propose un "autoportrait" de Jane Birkin avec la projection de six de ces films :

>> 7 morts sur ordonnance, de Jacques Rouffio, 1975 (à 21h jeudi 16)

>> La moutarde me monte au nez, de Claude Zidi, 1974 (à 21h samedi 18)

>> Je t'aime moi non plus, de Serge Gainsbourg, 1976 (à 21h lundi 13)

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>> La fille prodigue, de Jacques Doillon, 1981, (à 21h mercredi 15)

>> L'amour par terre, de Jacques Rivette, 1983 (à 18h30 jeudi 16)

>> Kung-Fu master, Agnès Varda, 1987 (à 16h30 vendredi 17)

La grille des séances