Ce n'est pas tout à fait commencé, le tapis rouge est à peine tendu sur les marches du grand auditorium Lumière où se déroulent les projections "officielles" Le tapis bleu n'est même pas encore déroulé du côté de l'auditorium Debussy où ont lieu les projections d'Un Certain Regard, sélection officielle non compétitive. Il manque de-ci de-là des plantes, les portes des bureaux sont grandes ouvertes et les appariteurs sont aimables. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Les habitués s'apostrophent comme des gamins se retrouvant au début des colonies de vacances, on va chercher son accréditation presse et le catalogue officiel, on s'installe dans les hôtels ou les studios loués pour la période, on va rendre visite aux responsables des deux sections parallèles.

La Semaine de la Critique a ses bureaux dans le Palais des Festivals mais ses projections ont lieu un peu plus loin sur la Croisette, à 500 mètres, à la salle Miramar. La Quinzaine des Réalisateurs n'est qu'à 300 mètres, bureaux adossés au Noga, l'hôtel moche construit sur l'ancien palais démoli en 1985, dans les sous-sols duquel ont lieu les projections. Tout confondu (Compétition Officielle, Un Certain Regard, La Semaine de la Critique, La Quinzaine des réalisateurs et le Marché du film) le festival propose plus de 40 films par jour.
Un festivalier bien organisé peut culminer à 6 films par vingt-quatre heures sans que ses jours soient en danger (mais ses nuits, si). Attention, au-delà de quatre, les risques de confusion sont accrus. On a vu quelque critique de cinéma chevronné confondre un film turc avec un film tchèque et gloser sur la scène du cheval blanc à la crinière tressée de fleurs qu'il semblait être le seul à avoir vue.

Ah Da Vinci Code !

Ce soir, c'est "l'ouverture", avec Da Vinci Code en première mondiale (le film sort en France aujourd'hui et aux Etats-Unis dans trois jours). Ah ! Da Vinci Code ! 45 millions d'exemplaires du livre vendus dans le monde et déjà on se perd en conjectures sur le nombre de spectateurs qui s'y rueront. C'est sans doute le film d'action le plus bavard de toute l'histoire de la chrétienté... Euh, du cinéma. En 152 (longues) minutes, l'aspect chasse au trésor du livre se transforme en pensum explicatif, érudit, certes, référencé, sans aucun doute, mais diable (si l'on ose écrire !), quel salmigondis ! Les acteurs ne sont pas en cause, ils défendent ce qu'ils ont à défendre. Tom Hanks devrait changer de coiffeur et Audrey Tautou possède le mélange d'énergie enfantine et de séduction féminine de Sophie Neveu. Dieu, Jésus, Marie-Madeleine, l'Opus Dei et le Prieuré de Sion, les anges et les diables plus un moine albinos (le séduisant Paul Bettany, outrageusement enlaidi)... Quelques rires ont fini par ponctuer tant de pesantes révélations lors de la séance de presse de mardi soir. Mais, quoi qu'il en soit, la carrière du film semble assurée.

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Ce soir, aux marches du palais, il y aura toute l'équipe du film et même Dan Brown, l'auteur assez discret d'au moins trois phénomènes littéraires. Il y aura le jury présidé par Wong-Kar Waï (In the Mood for Love) au grand complet. Il y aura Vincent Cassel, maître de cérémonie (un hooooooooomme ? Oui !), décidé à rejoindre sa femme Monica Bellucci "dans le panthéon du glamour". Il y aura du flon-flon et des paillettes, de la star internationale et du photographe survolté, du fan et du m'as-tu vu, du bazar, du cirque. Du cinéma, quoi.

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