Il y a de pieux mensonges... et il y en a d'autres. Ce sont ceux de la deuxième catégorie qui vont bouleverser la vie confortable d'Anne et James Manning. "Separate Lies" traite les thèmes du secret, du sacrifice et du pardon dans la bulle de la haute bourgeoise britannique.

Un verre d'eau dans une tempête

Comment vivent les gens aisés en Angleterre ? Agréablement et à l'abri du monde extérieur, selon "Separate Lies", le film réalisé par Julian Fellowes. Le personnage central est James Manning, un brillant avocat de la City qui partage sa vie entre un appartement londonien et une somptueuse maison de campagne dans le très huppé Buckinghamshire. C'est ici qu'avec son épouse Anne, ils reçoivent leurs amis à dîner ou qu'ils organisent des garden-parties. James aime sa femme et pense avoir réussi sa vie sentimentale comme sa vie professionnelle.

Mais, comme dans tout drame bourgeois, un évènement tragique va tout faire basculer. Le mari de leur femme de ménage est écrasé par un chauffard. James a de forts soupçons envers le play-boy local, Bill Bule, qu'il convainc d'aller se rendre à la police. Mais il apprend par sa femme qu'elle est la véritable coupable et qu'elle le trompe avec Bill !

James découvre alors que l'image parfaite qu'il a de son couple n'était qu'une illusion. Anne renonce de plus en plus à jouer son rôle d'épouse pour, enfin, vivre selon ses sentiments. En filigrane, s'instaure un tissu de mensonges concertés entre James, Anne et Bill qui cherchent respectivement à préserver leur réputation, leur liberté et leur rang (Bill est fils de Lord...).

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Julian Fellowes, qui avait obtenu (en 2002) l'Oscar du meilleur scénario pour "Gosford Park", réussit avec succès son premier passage derrière la caméra. Il a l'originalité de dépeindre sur grand écran cette haute bourgeoisie dont il est issu. Une classe sociale un peu délaissée par le septième art anglais au profit du milieu ouvrier, comme dans "The Full Monty" dans lequel jouait Tom Wilkinson, l'acteur principal de "Separate Lies".

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Voilà planté le cadre dans lequel les acteurs développent les thèmes du secret et du pardon... Leur interprétation est excellente, notamment celle de Rupert Everett qui se fond parfaitement dans son personnage d'aristo oisif, en réussissant la prouesse d'être plus que le "méchant" de l'histoire.

"Separate Lies" de Julian Fellowes.Dans les salles à partir du 29 mars.Durée : 1 h 26.

Le site officiel du film