LIVRE - Les années 70-80, un milieu populaire, Sheila à la télévision et des rêves de gosses..

Ceux qui connaissent Eric Romand et sa brillante carrière de coiffeur de mode, le redécouvrent ici - parfois le souffle coupé - dans ce premier roman incisif. Ses "fragments" comme il se plaît à les qualifier, racontent les premiers moments de sa vie à bord de la Renault Estafette de son grand père adoré, à la maison devant la table à roulette de la télévision en plaqué acajou brillant.

Et son quotidien dans ce milieu populaire des années 70-80, "tout ce qu'il y a de plus ordinaire" surenchérit sa mère avec fierté. A ses côtés, un père complexé, violent, mal aimant. Son chat, Mickey. Et Sheila, cette icône à paillettes, porteuse d'espoirs pour cet enfant et toute une génération moulée dans des sous pulls en nylon, informée au Télé Poche, attachée à Guy Lux. Et puis, il y a ces autres garçons qu'il aime et ses rêves de lendemains qui chantent, embarrassants.

Un récit fulgurant qui file droit au coeur

Publicité
Il se serait bien vu architecte. Sa mère l'orientera sur un C.A.P coiffure. C'est drôle, cru parfois triste. Une écriture sincère, d'une existence prédestinée, qui ne capitule jamais. Un récit fulgurant qui file droit au cœur et ravive les rêves de gosses. Remarquable.

Mon père, ma mère et Sheila, d'Eric Romand, Editions Stock, 14,50 euros.

Publicité

-----------------------

A lire aussi :

Toute l'actu littéraire vue par Grazia

Ecrivain, féministe et activiste : Kate Millett nous manque déjà

Don DeLillo (ZERO K) : crier au génie

Lire la suite sur Grazia