L'un des photographes les plus prometteurs de sa génération, Çağdaş Erdoğan, a été emprisonné. Son délit : des photos que l'Etat turc ne veut pas voir.

Du fond de la prison de haute sécurité de Silivri, près d'Istanbul, le photographe Çağdaş Erdoğan (sans lien de parenté avec le président turc Recep Erdoğan) a demandé trois choses : ses baskets préférées, son livre de photos, Control, et une compilation d'essais sur la violence en photographie, Picturing Atrocity : Photography in Crisis. Son moral est bon, selon ses proches. Une surprise quand on sait que le photographe de 25 ans, publié internationalement et classé parmi les plus prometteurs de sa génération par le British Journal of Photography, a été inculpé et placé en détention préventive le 15 septembre pour "appartenance à une organisation terroriste". Aucune date de procès n'a encore été fixée.

Son nom vient rejoindre la longue liste des professionnels des médias (plus de cent cinquante) qui croupissent dans les prisons turques. Le scénario de son arrestation est devenu banal en Turquie, selon un photographe turc qui préfère garder l'anonymat par peur des représailles : "La police trouve un prétexte pour vous arrêter. Ensuite, elle fouille vos réseaux sociaux et vos contacts téléphoniques. Si elle trouve quoi que ce soit qui fait mouche, la justice vous colle un procès."

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"Ils ne peuvent se taire"

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Pour Çağdaş Erdoğan, ce procès, c'était le 2 septembre. Il aurait photographié sans le savoir la grille d'un bâtiment du MIT, les services secrets turcs, sur la rive asiatique d'Istanbul. Assez pour être envoyé au poste. Là, les...
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