Le réalisateur Loïc Prigent esquisse un sublime portrait d'Yves Saint Laurent à travers les dessins du créateur, dans un documentaire diffusé le 1er octobre sur Arte. Un bel hommage, alors que Pierre Bergé, qui surgit en fil rouge du film, vient de disparaître.

Comment monter un film uniquement à partir de dessins ? Tout réalisateur vous dira que le défi est impossible : le dessin évoque quelque chose de statique, de froid. Et voilà pourquoi le documentaire de Loïc Prigent est prodigieux. Il arrive à démontrer un fait fondamental : les dessins d'Yves Saint Laurent vivent d'eux-mêmes. "C'est une matière qui palpite devant les yeux", nous dit le réalisateur. Ces croquis détiennent une telle force vivace que l'on peut scruter ces planches et tout comprendre : le génie du créateur, son perfectionnisme, son avant-gardisme, sa souffrance, parfois. La richesse de ses esquisses traduit celle de son existence.

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Loïc Prigent a croisé Yves Saint Laurent deux fois dans sa vie. Pierre Bergé lui a confié en exclusivité l'accès à ces chefs-d'œuvre : 200 000 planches enfouies dans les archives de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. Pierre Bergé n'a pas revu ces dessins depuis des années. Le moment a quelque chose de cérémonial, de quasi mystique, il palpe les feuilles comme pour mieux réveiller le souvenir. L'ancien compagnon de Saint Laurent, qui disparaîtra malheureusement peu de temps après l'interview, est le seul à pouvoir toucher ces documents de ses mains, nous dit-on dans les premières secondes du film. Les autres intervenants qui sont réunis - l'historien de la mode Olivier Saillard, l'accessoiriste Elie Top, le premier et la première d'atelier historiques Monsieur Jean-Pierre et Madame Catherine,...
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