Alors qu'une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, les féministes veulent inscrire le féminicide dans le code pénal.

"Crime passionnel", "drame conjugal", "dispute qui a dérapé" : les mots pour désigner le meurtre d'une femme par son conjoint appartient souvent au registre amoureux. "Cela permet à l'avocat de la défense de prétendre que ce n'est pas par sexisme mais par amour qu'une femme a été tuée : c'est considéré comme une circonstance atténuante", dénonce Raphaëlle Remy-Leleu, porte-parole d'Osez le féminisme (OLF). Depuis trois ans, les militantes se battent pour imposer le mot féminicide, définit comme un "meurtre de femme en raison de son genre", et pour faire entrer cette notion dans le code pénal.

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Derrière la bataille lexicale se joue une bataille juridique. En 2014, la France a ratifié la convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes, qui fait du sexisme une circonstance aggravante dans un crime, comme le racisme ou l'homophobie. "Plusieurs affaires de meurtres conjugaux ont été examinées depuis, mais aucun jugement n'a retenu le sexisme", s'indigne Raphaëlle Remy-Leleu. Faire entrer le féminicide dans le code pénal permettrait aussi de comprendre le mécanisme de ces violences. « Il ne s'agit pas de jalousie ou de rupture, insiste la porte-parole d'OLF. "Il s'agit d'hommes qui considèrent que la vie des femmes a moins de valeur que la leur et qu'ils peuvent en disposer."
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La France à la traîne

Le féminicide est pourtant déjà reconnu en Espagne et en Amérique du Sud, notamment, grâce au mouvement Ni Una Menos - "pas une de moins"....

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