Dessins, films, collages, l'oeuvre plurielle de Gordon Matta-Clarck est peu montrée en France. On se réjouit de la rétrospective que lui offre la galerie Marian Goodman à Paris.

C'était l'homme qui passait à travers les murs. "Trouve-moi une maison, il faut que je la découpe en deux", demanda un jour Gordon Matta-Clark à sa femme, lui qui dès 1970 était souvent en quête d'un immeuble à démolir, découper, perforer. Avec Splitting, en 1974, il réalise cette coupure nette et la filme en 16 mm. Un an plus tard, il s'attaque à la façade d'un immeuble avant qu'il soit détruit et creuse un cône, immense béance qui traverse les étages rue Beaubourg, sous le regard des passants bouche bée.

Cela a aussi fini par donner un film, Conical Intersect, chef-d'œuvre de fausse absurdité où l'architecture devient sculpture mouvante. Il faut le regarder, ce film rare, et de bout en bout, projeté à même le mur de la galerie, pour en apprécier le déroutant effet de spatialisation et de percée vers un vide illusoire.

Publicité

Partie prenante de l'avant-garde du Soho des années 70

Publicité
On conseillera ensuite de visionner son autre grand film 16 mm, Sous-sols de Paris, réalisé dans les sous-terrains de la capitale deux ans plus tard. Et de là, on remontera à la surface afin de mieux redécouvrir la manière qu'il avait de documenter magnifiquement ses Building Cuts , découpes de bâtiments, grâce à des collages photographiques, Cibachrome pour la plupart délicatement recolorisés à la main. Il y a un plaisir inouï à s'attarder ainsi sur sa longue (9 mètres !) fresque photographique de graffitis shootés dans le métro new-yorkais.

Elle...

Lire la suite sur Grazia