Juliette Binoche ne veut pas renoncer à l'amour. Claire Denis non plus, qui la filme. Et nous encore moins, qui regardons un beau soleil intérieur avec les yeux du désir.

Le cinéma est un art d'astrologues et Claire Denis est l'une de ses meilleures spécialistes. Au moment où la modernité du monde devient la plus inquiétante, la réalisatrice se tourne vers ce que nous avons de plus beau et primitif, et auquel nous devons la vie : le soleil. Ou alors l'amour... Un beau soleil intérieur prend le chemin d'Isabelle, femme au seuil d'une nouvelle maturité qui ne veut renoncer à rien de sa sexualité, de son équilibre sensuel et érotique, de son goût des hommes.

Elle a assez vécu pour en connaître d'avance les illusions et les déceptions. Mais elle y croit, comme nous tous au fond, presque malgré elle. Car l'amour brille une fois que l'on y a goûté : il allume un soleil éternel, primitif lui aussi, auquel nous voudrions être toujours réchauffés. Il faudra un long chemin à Isabelle, et de nombreux amants, pour trouver celui qui saura définitivement l'éclairer. D'ailleurs, c'est un mage, entre les doigts duquel vibre un pendule... Encore un indice astrologique...

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Un rêve éveillé au pays du cinéma français

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Isabelle, c'est Juliette Binoche, plus "impéractrice" que jamais, et c'est Depardieu qui joue le génial enchanteur. Sur le parcours qui relie la première au second, Claire Denis et sa coscénariste Christine Angot font danser une ribambelle de personnages excessifs, foireux, émouvants ou divertissants (Beauvois, Podalydès, Balasko...). Très bien rythmée, cette sarabande soyeuse, parfois grinçante, qui visite et mélange...
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