Dans un pays où l'homosexualité est encore pénalisée, il s'apprête à ouvrir un centre de soins destiné à la population LGBT.

"Je suis le premier à avoir fait mon coming out mais au sein de la royauté, nous savons tous qui est gay ou lesbienne !" Au volant de sa petite Maruti Suzuki qui le mène vers Rajpipla, dans le Gujarat en Inde, où se trouve le palais familial, Manvendra Singh Gohil, 52 ans, raconte volontiers son histoire. Celle du premier prince indien à avoir affiché son homosexualité, dans un pays où elle est pénalisée et très taboue. Héritier d'une dynastie vieille de six cent cinquante ans, il passe son enfance entouré de domestiques, "dans un cocon, mais avec un statut de célébrité, confie-t-il fièrement. J'ai donné ma première allocution publique à l'âge de 9 ans". Il satisfait toutes les exigences sociales et, à 25 ans, il épouse une princesse. Mais quinze mois plus tard, le mariage n'est toujours pas consommé et la jeune femme demande le divorce.

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Manvendra Singh Gohil fait une dépression, s'isole dans un ashram. "C'est là que j'ai compris que j'étais homosexuel mais c'est grâce à ma rencontre avec Ashok Row Kavi, l'un des premiers activistes gays en Inde, que j'ai réussi à me défaire de la culpabilité", raconte-t-il. Manvendra rejoint alors la lutte anti-VIH puis lance sa propre fondation, Lakshya, qui œuvre pour la communauté homo et transgenre, et dont la majorité des 250 employés est gay. Chez lui, à Hanumanteswhar, à quelques kilomètres du palais, plus l'ombre d'un domestique. La seule personne qui approche les fourneaux, c'est DeAndre,...
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