Victimes de phobie scolaire, de plus en plus d'élèves sont incapables d'aller au collège ou au lycée. Marie Rose Moro, pédopsychiatre et directrice de la Maison des adolescents à Paris, met en cause un élitisme à la française tyrannique.

Ça commence par un SMS du lycée envoyé aux parents et un remontage de bretelles le soir même. En vain. L'enfant continue de sécher les cours et les absences non justifiées s'enchaînent. De l'absentéisme scolaire, tempêtent les collèges et lycées. Une phobie, corrige Marie Rose Moro (1), professeur de pédopsychiatrie et directrice de la Maison des adolescents (ou Maison de Solenn) de l'hôpital Cochin, à Paris.

Une phobie qui tétanise à l'heure de quitter la maison le cartable sur le dos, le matin. Qui fait faire demi-tour la boule au ventre devant le lycée. Incontrôlable, culpabilisante, pathologique, elle survient au début du collège ou du lycée. Une semaine après la rentrée, cinq des vingt patients hospitalisés dans l'établissement de Marie Rose Moro consultent déjà pour phobie scolaire. Un phénomène de société, selon elle, qui toucherait 5 à 8 % des élèves en France, et 10 % à Paris au minimum.

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Pourquoi autant d'enfants souffrent-ils de phobie scolaire aujourd'hui ?

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A notre époque, il faudrait que les enfants réussissent tous, et tout de suite. On ne tient pas compte de leur diversité, de leur développement. Notre société ne prend pas la mesure de leurs besoins. L'élitisme français est devenu tyrannique. Tout est hiérarchisé : les métiers, les écoles, et même la localisation des établissements. On atteint des summums. Si un enfant de CP ne sait ni lire ni écrire à Noël, l'école convoque les parents, qui s'inquiètent. On se...
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