EXPOSITION - La Fondation maison des sciences de l'homme revient de manière artistique sur les insultes adressées aux femmes.

"Salope", le terme claque comme un crachat en pleine figure à celle qui le reçoit. Et malheureusement, elles sont nombreuses, c'est la préférée des harceleurs de rues, selon Laurence Rosier, professeure de linguistique à l'Université Libre de Bruxelles et commissaire de l'exposition consacrée aux noms d'oiselle. Scientifique, historique et artistique : ce parcours multidisciplinaire éclairant sur les stéréotypes de notre société actuelle.

L'injure au féminin a une connotation sexuelle crasse dont est beaucoup moins chargé l'équivalent masculin. Il suffit de jeter un œil au bestiaire des insultes : un chien est un animal à quatre pattes, une chienne... Avec ses caricatures colorées, Tamina Beausoleil l'une des sept artistes exposés, questionne les codes de séduction qui glisse vers le parjure. "La langue a été encadrée par les hommes, dès qu'on touche à ce cadre, les critiques pleuvent. La francophonie reste fétichiste et conservatrice", explique Laurence Rosier à l'Huffington Post.

Publicité

La revanche des "salopes"

Publicité
Une ambiguïté qui a permis aux féministes de détourner le caractère blessant de l'insulte. Du manifeste pro avortement des 343 aux marches des salopes, le mot se connote de pouvoirs. Le langage reflet de la société qui la parle subit également les modes qui la traversent. Peut-être qu'un jour, le terme salope aura perdu tout aspect négatif pour ne garder que le dernier sens ? Mais ne nous réjouissons pas trop vite, il sera sûrement replacé...
Lire la suite sur Grazia