La BD se féminise !
Les femmes représenteraient 45 % de l'ensemble du lectorat, d'après une étude de l'association des critiques de BD en 2004. Plus de lectrices, mais aussi plus d'auteures, dessinatrices et coloristes femmes. Elles se comptaient sur les doigts d'une main il y a une quinzaine d'année. "''On a de plus en plus de manuscrits de qualité, proposés par des femmes''", affirme Jocelyne Mucig, responsable marketing chez Dargaud, Dupuis et Le Lombard. "''Ce sont elles qui prennent la parole. On ne surfe pas sur la vague de la féminisation de la BD''".

Brétécher et les trentenaires

Florence Cestac ou Claire Brétécher ont ouvert la voie. Décomplexées, elles sont aujourd'hui très nombreuses à frapper à la porte des éditeurs. Les trentenaires sont des héritières de la culture du manga, du shojo (manga féminin) et des dessins animés japonais.

Ilona, la dessinatrice de la Danseuse du temps, fait partie de cette génération. "''J'ai su très vite que je voulais dessiner et vivre de ma passion. Le dessin animé japonais a joué un rôle prépondérant. Dargaud m'a fait part de sa volonté de donner plus de places aux femmes, ça m'a motivée !''".
Encensée par la critique, sa nouvelle série met en scène des sculptures de pierre, représentant de jolies danseuses asiatiques à la beauté dévastatrice...

Dessinatrices, éditrices

Des collections pour elles "''La BD s'est ouverte aux sujets de société plus intimistes et réalistes''", affirme François Capuron, responsable marketing et ancien éditeur chez Delcourt. Laetitia Lehmann, éditrice chez Casterman, abonde en ce sens : "''On a essayé de lancer des collections destinées aux femmes de trente à quarante ans comme " lignes de vie", il y a six ou sept ans. Mais si la BD gagne des lectrices, c'est surtout parce que les contenus scénaristiques les touchent davantage avec une part importante de psychologie, de romanesque, de magie, etc.''"

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Des femmes éditeurs Si les BD d'aujourd'hui sont empruntes de cette sensibilité féminine, c'est bien aussi parce que les femmes briguent des postes à responsabilité au sein maisons d'éditions. Qu'elles deviennent éditeurs. Impensable il y a quelques années..."''Chez Casterman, nous sommes deux sur cinq éditeurs. Sans nous, certains projets n'auraient jamais vu le jour''", assure Laetitia. Catel Muller, la créatrice de Lucie, perçoit le changement. "''Le courant passe très bien avec Laetitia Lehmann. Il n' y a ni désaccords ni divergences de vues. Mais les directrices de collection sont encore trop peu nombreuses. C'est dommage, il y aurait probablement plus d'auteures. Les hommes craignent probablement certaines thématiques ou la manière de les traiter''".
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