"Ni Dieu ni maître"
"''Oh oui, le vernissage s'est bien passé, j'ai vendu 17 tableaux sur les 49 accrochés ! Hum, dont l'école...''" L'école figure parmi les plus grands tableaux que Ludmilla Balfour expose à Paris pour la première fois depuis douze ans.
Il représente une salle de classe à l'ancienne, très classique, le maître à son bureau, l'estrade, les élèves à leurs tables ornées de tâches et d'encriers, et puis... Et puis tout l'univers de Ludmilla : les tuyaux du chauffage qui s'entremêlent dans un ballet délirant jusqu'au plafond, des personnages fantastiques qui envahissent le moindre recoin, les cahiers qui s'envolent, "ni Dieu ni maître" et puis "Nîmes" tracés à la craie sur le tableau noir et puis le plafond et les murs qui s'envolent dans une perspective incroyable et une folle ambiance de banquet infernal. "''Celui-là, j'ai eu du mal à le céder. Il faut comprendre, c'est mon dernier. C'est comme un dernier né. Il était à peine sec, achevé de mercredi...''"

Pause. Ludmilla passe la main dans ses épais cheveux bouclés, esquisse un léger mouvement de tête vers l'arrière "''En plus, je pense que c'est un très bon tableau. Il m'a complètement dominé, il a eu très vite sa propre dynamique et ça, c'est rare et formidable.''"

L'Ecosse et le Danemark
Ludmilla est une grande, très grande et belle femme. Belle et puissante. Comme les femmes de ses terres d'origines, l'Ecosse et le Danemark... "''Mes peintures sont certainement inspirées des contes de fées des légendes des contes nordiques, des illustrations des livres d'enfants britanniques. J'ai toujours peint des personnages fantastiques. Certains reviennent régulièrement, comme celui avec un chapeau haut de forme''".

Qu'est-ce que c'était chouette !

Les pages des magazines et les rêves aussi Elle puise son inspiration ici et là. Parfois dans les pages des magazines, parfois dans des rêves, les siens ou ceux qu'on lui raconte. "''Pour la classe, cela a été un vieux truc pour apprendre les langues, une planche d'autrefois qui représentait une classe d'école. Et puis la salle de classe est quelque chose de vraiment ancré dans nos subconscients, donc tout a ressurgit, l'encre versée, les cahiers, l'horloge, les tables, l'estrade... J'aurai pu y passer des heures. Un de mes critères d'appréciation est de savoir si Ludmilla petite aurait apprécié le tableau une fois fini... La classe, elle aurait adoré!''"

Les moustiques... Ou les elfes ? Ludmilla peint à l'huile depuis une quinzaine d'années. Toute sa "production" part ensuite vers le Danemark où deux galeries l'écoulent avec l'efficacité et la régularité d'un métronome... "''Ce n'est que parce que j'ai décalé une expo Danoise que j'ai enfin pu accrocher ici''". Tout s'est fait un peu par hasard, au gré d'une rencontre et puis hop, la voici là, au Centre culturel Bertin Poirée dans le 1er. "''J'aime bien les situations surprenantes, comme cette fois où un coursier m'a acheté là, tout de suite, un tableau pour lequel il avait eu le coup de foudre''".

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Ludmilla vit à Paris depuis longtemps. D'abord avec ses parents, (son père, Lars Bo, était un graveur de haute réputation). Puis étudiante, "''J'ai fait les des Beaux arts, c'était un peu le bordel avec mai 68, ce n'était pas très bien organisé, mais qu'est-ce que c'était chouette''".
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Elle peint à Paris l'hiver, et puis l'été en Ecosse, "''dehors, en pleine nature, avec les moustiques qui viennent se mélanger à la peinture''". Les moustiques... Ou les elfes ?

Ludmilla Balfour au Centre Bertin Poiré Jusqu'au 14 novembre, tous les jours de 12h 30 à 20 h 00, le samedi jusqu'à 18h30

Le site de l'association culturelle franco-japonaise de TenriLudmilla à la galerie ProvenceA la galerie GerlyDes réactions ? Parlez-en sur les forums !

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