A peine inventés, ces nouveaux mots sont déjà entrés dans le dictionnaire anglais : selfie (autoportrait), twerk (danse) ou encore binge-watch (accro à la télévision). Tour d'horizon de l’inventivité de la langue anglo-saxonne en 2013 que la langue de Molière peine à suivre.

Atlantico : Comparés à la vitesse d’acceptation des nouveaux mots dans les dictionnaires anglo-saxons, les néologismes français attendent de longs mois avant d’être définitivement adoptés. La question de la créativité de la langue française est-elle elle-même en cause ?

Olivier Soutet : La capacité de créativité d’une langue est très difficile à évaluer. La créativité de fait est liée à l’audience de la langue. Les langues ultra minoritaires ont ainsi une créativité restreinte au contraire de celles de grande diffusion, plus contemporaines, qui tentent de coller au maximum au développement de la technique et requièrent un ajustement à l’actualité très constant. 

Une langue moins utilisée comme le Français ne mobilise pas autant de créativité et va donc le plus souvent au plus rapide en recourant à l’utilisation d’un terme anglo-saxon. Le plus souvent, les néologismes apparaissent ainsi d’abord dans des textes, des revues ou des ouvrages de type anglophone. La créativité du Français est ainsi conditionnée par celle de l’Anglais. Enfin, elle demeure une potentialité plus ou moins exploitée.

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Comment se distingue le dynamisme de la langue anglaise par rapport au Français ?

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Dans la langue anglo-saxonne : les procédés de création sont multiples. Techniquement, toutes sortes de moyens sont mis en œuvre : dérivations, mots composés, etc. Mais ce qui est particulièrement puissant chez eux, c’est leurs formes verbales en "ing" qui indiquent un processus et s’appliquent à de nombreuses réalités contemporaines. Par comparaison, nos formes françaises en "ant" sont beaucoup moins sollicitées. Il existe quelques cas comme "donnant-donnant" ou "gagnant-gagnant" mais la liste est assez courte.

Le Français...

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