Présent à bord du Thalys visé par un tireur ce vendredi, le comédien Jean-Hugues Anglade a livré son témoignage à Paris Match. Il a confié s'être "vu mourir".

© Abaca Press

Jean-Hugues Anglade se trouvait ce vendredi avec sa compagne et ses enfants à bord du train Thalys qui reliait Amsterdam à Paris, pris pour cible par un tireur lourdement armé. Si le pire a été évité grâce à l'intervention de plusieurs passagers qui ont rapidement maîtrisé l'individu et l'ont mis hors d'état de nuire, les voyageurs ont tous été extrêmement choqués. C'est le cas du comédien, qui a raconté les événements à Paris Match. "Nous avons entendu des passagers hurler en anglais "Il tire ! Il tire ! Il a une kalachnikov ! " rapporte le comédien qui se trouvait dans le wagon voisin. "Le tireur était à quelques dizaines de mètres de nous, dans le wagon numéro 12".

"J'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir"

"L'homme armé venait vers nous, il était déterminé. J'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir, qu'il allait tous nous tuer" a confié Jean-Hugues Anglade. "On s'est vu mourir car nous étions prisonniers de ce train, et qu'il était impossible de s'échapper de ce cauchemar. Nous étions piégés dans une souricière ! C'est un sentiment terrifiant de se sentir autant impuissant". Le comédien explique que chacun a malgré tout gardé son calme et fait preuve de sang froid. "Nous n'étions pas résignés. Les passagers étaient dans l'incompréhension, ils ne réalisaient pas que ça allait être le carnage. C'était calme et digne" a-t-il expliqué. "Nous attendions la mort, et nous n'avions pas le choix. Puis, un jeune homme, Anthony Sadler, a accouru dans notre voiture, criant que le tireur était maitrisé par des soldats américains en permission, que tout allait bien" a-t-il ensuite raconté. 

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"C'est un miracle"

Blessé à la main après avoir voulu brisé la vitre pour actionner le signal d'alarme, Jean-Hugues Anglade a reçu cinq points de sutures, mais l'essentiel, assure-t-il, c'est que tout le monde soit en vie. "Nous étions au mauvais endroit, mais avec les bonnes personnes. C'est un miracle. Nous avons eu une chance incroyable d'avoir ces soldats américains. Je veux rendre hommage à leur courage héroïque, et les remercier, sans eux, nous serions tous morts" a-t-il estimé.

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Soulagé, le comédien s'est toutefois montré beaucoup moins dithyrambique à l'égard des employés Thalys, qu'il accuse de s'être réfugiés à l'abri et de n'avoir pas porté secours aux passagers. Jean-Hugues Anglade affirme en effet qu'il a les vu courir se réfugier dans leur voiture de service, dont ils ont fermé la porte à clé. Ils seraient même restés sourds à leurs appels à l'aide lorqu'ils se sont dirigés vers le compartiment.  "Collés les uns aux autres contre la porte métallique de la motrice. Nous tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions "Ouvrez !" On voulait qu'ils réagissent ! En vain... Personne nous a répondu. Silence radio. Cet abandon, cette détresse, cette solitude, c'était terrible et insupportable ! C'était, pour nous, inhumain" a-t-il lâché.

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