Eva Zingoni récupère les étoffes précieuses des maisons de haute-couture pour y couper ses modèles contemporains, confectionnés en France, en éditions limitées... Ou quand le recyclage chic s'allie à la préservation des savoir-faire, pour redonner du sens à la mode…

'Le gâchis me révolte', affirme Eva Zingoni, grande brune d’origine argentine, un peu italienne aussi, passée par Madrid et Turin avant de s’installer voilà douze ans à Paris. La styliste, formée au studio Berçot et à l’Institut Français de la Mode, un temps collaboratrice de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga, est aussi une femme de convictions, qui défend des valeurs.

En septembre 2009, elle a lancé une griffe qui porte son nom, à partir d’un concept original: créer des vêtements pour femme coupés dans les étoffes des saisons précédentes récupérées auprès des ateliers de la haute-couture: tissus, mais aussi zips, boutons, cuirs…

Le réseau professionnel d’Eva, ses relations personnelles dans le circuit du luxe lui autorisent ce fonctionnement atypique, et qui fait sens: 'Ces étoffes sont exceptionnelles, inspirantes, je connais le savoir-faire des tisseurs', témoigne Eva qui ajoute: 'les tissus que je travaille donnent un supplément d’âme à mes vêtements!'

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Parce que les métrages sont forcément limités, la création des robes, tuniques et vestes dessinées par Eva impose des contraintes, source de trouvailles innovantes: mousseline, crêpe de soie, dentelles, tweed de cachemire et flanelle de laine toujours somptueux se retrouvent mélangés, mixés en de savants patchworks soulignant une ligne graphique, quasi architecturale, pour un style sobre et pointu: 'Du minimalisme pas ennuyeux', comme le définit la créatrice.

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Idéal pour rompre avec l’uniformité du prêt-à-porter et des créateurs, pas forcément à l’écoute des femmes en recherche d’originalité: Eva peut retravailler une robe sur mesure à la demande. Quasi-uniques, les séries étant limitées à une quarantaine de pièces maximum, ses modèles à l’épure architecturale sont fabriqués en France, 'parce qu’il est absurde d’acheter un vêtement qui a voyagé dans le monde entier!', conclut Eva, tout logiquement.

Robes à partir de 150€, travail personnalisé à partir de 375€.

© Eva Zigoni

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