C'est donc des femmes dont elle s'occupe. D'autant plus ces dernières semaines, puisque Amnesty International France a rendu le 8 février dernier un rapport alarmant sur les violences faites aux femmes : Les violences faites aux femmes en France. Une affaire d'Etat. Ce rapport révèle notamment qu'ici, en France, une femme meurt tous les quatre jours sous les coups de son conjoint. Il dresse un état des lieux de la violence physique et morale, mais aborde également la traite des femmes, les mutilations sexuelles et les mariages forcés. Ici, en France.

Anne-Marie, chargée du lobbying au sein de la commission femmes a adressé une pétition au Premier ministre français afin de lui demander "d'adopter une politique ambitieuse pour la prévention des violences faites aux femmes en s'appuyant sur un plan d'action interministériel"... Il existe en France différentes mesures, mais l'association réclame de façon précise davantage de coordination et de sanctions. Protection et suivi des victimes en particulier font partie des objectifs à atteindre en urgence.

Anne-Marie reste plutôt dubitative face au succès de cette lettre, mais ce n'est qu'une première action. Chaque mois, une nouvelle initiative sera lancée...

Autre champ d'action d'Anne-Marie, le terrain. Cette ancienne prof fait de la sensibilisation auprès des jeunes de collège et lycée, "surtout dans les lycées professionnels." Là encore, le rapport d'Amnesty aborde le problème de la mixité à l'école et stigmatise les agressions sexuelles précoces, qui seraient une extension de ce qui se passe en famille.

Anne-Marie est sur tous les fronts. Elle milite, elle participe, elle écoute. Elle est active, mais estime que "c'est à chacun et surtout à chacune d'en faire autant". Lors de sa présentation, Prune de Montvalon, l'auteur du rapport, préconisait "de travailler sur tous les aspects en même temps : civil, politique..." Anne-Marie encourage ces propos : "Il faut former la police, les milieux de travailleurs sociaux et surtout donner des moyens aux associations comme le GAMS -Groupe femmes pour l'Abolition des Mutilations Sexuelles-, ou encore le Planning familial..."Anne-Marie a encore participé à la création d'annuaires des associations en régions qui ont été publiés à l'occasion de la Journée de la femme. Le carnet d'adresses du rapport d'Amnesty ne mentionnant que les associations nationales, parisiennes pour la plupart.

Mettre l'Etat face à ses responsabilités

Quand on demande à Anne-Marie comment agir, elle répond qu'il faut "encourager à porter plainte et tout faire pour que les victimes n'aient pas honte". Elle déplore le manque d'informations des femmes. Le fait que trop de commissariats encouragent les mains-courantes plutôt que le dépôt d'une plainte, et tant pis si cela reste sans conséquence immédiate. "Certaines personnes ne connaissent pas leurs droits" déplore Anne-Marie, "Souvent encore, des femmes ne portent pas plainte car elles n'ont pas de papiers. Elles en ont pourtant le droit." Elle rappelle tout de même que de nombreux commissariats font un travail formidable.

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Le 8 mars, Prune de Montvalon était formelle : "C'est dans la pratique que va se faire la différence, pas au niveau de la loi." Et la pratique justement, c'est ce que fait Anne-Marie, en mettant l'Etat et la société face à leurs responsabilités.

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