Victor H., un Don Juan...

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Un homme pour les femmes Victor Hugo (1802-1885), l'homme qui aimait les femmes, Adèle, Juliette, Léonie, Esther, Blanche et bien d'autres, beaucoup d'autres encore, a aussi embrassé la cause des femmes. Par sa mère, à qui il vouait une véritable adoration, par sa fille, Léopoldine, morte prématurément, en passant par sa femme Adèle, puis sa maîtresse officielle, Juliette Drouet ("''Je suis la barque errante et vous êtes la voile''") et ses innombrables conquêtes d'un jour. Le poète connaît bien le sujet...Pour ce Don Juan, la femme est avant tout objet de désir : "''L'homme a reçu de la nature une clef avec laquelle il remonte sa femme toutes les vingt-quatre heures''". Et quand on aime, on ne compte pas : "''Je pense des femmes comme Vauban des citadelles. Toutes sont faites pour être prises. Toute la question est dans le nombre de jours de tranchée''". Hugo voit dans la femme un être ambigu, un mélange de puissance et de faiblesse : "''C'est en jouant que la femme,'' ''C'est en jouant que l'enfant,'' ''Prennent doucement notre âme,'' ''Le faible est le triomphant,".'' L'homme des femmes Ainsi, des images contradictoires renferment cette femme, objet de pulsions et de passions. La femme est indispensable à l'homme, mais pour que l'homme soit plus grand encore.En revanche, au lendemain de la révolution de 1848, tout change. De monarchiste, Victor Hugo devient républicain, de petit bourgeois, il devient "Misérable", de clérical, il devient laïc, et enfin d'hommes à femmes, il devient l'homme des femmes. Sa conversion au féminisme prend corps dès ses premières apparitions en tant que député nouvellement élu : "''Dans l'Assemblée nationale, je faisais éclater de rire la majorité réactionnaire, en déclarant que le droit de l'homme avait pour corollaire le droit de la femme et le droit de l'enfant''". Dès lors son engagement pour l'émancipation de la femme prend tout son sens. Avec un constat d'abord : "''Hommes et citoyens, nous avons dit plus d'une fois dans notre orgueil : le dix-huitième siècle a proclamé le droit de l'homme ; le dix-neuvième proclamera le droit de la femme ; mais il faut l'avouer, citoyens, nous ne nous sommes point hâtés"''.

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Hervf© Fringuet-Paturle

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Nourrie des Lumières... Bourgeoise et autodidacte Après l'austère parenthèse du Second Empire (1852-1870), le féminisme profite du déclin du règne de Napoléon III pour repartir au combat par l'intermédiaire de deux libres penseurs Léon Richer et de Maria Deraismes (1828-1894).Bourgeoise et autodidacte, cette Parisienne se nourrit très tôt aussi bien des philosophes des Lumières que des philosophes allemands du XIXe siècle. Contrairement aux jeunes filles de son époque, Maria veut apprendre tout ce que les hommes savent déjà... Très naturellement, elle fréquente les milieux républicains et rédige ses premiers articles dans "Le Nain jaune" et dans "Le National". La lecture d'un livre particulièrement misogyne de Jules Barbey d'Aurevilly, "Les Bas-bleus" l'engage définitivement dans le combat féministe. Haro sur "Les Bas-bleus" "''Les femmes qui écrivent ne sont plus des femmes. Ce sont des hommes, du moins de prétention, et manqués ! Ce sont des Bas-bleus. Bas-bleu est masculin. Les Bas-bleus ont, plus ou moins, donné la démission de leur sexe''" peut-elle lire de l'auteur des "Diaboliques". Piquée au vif, Maria Deraismes réplique en publiant un pamphlet, "Femmes riches, Propos de courtisane". Sa carrière prend un nouveau virage avec sa rencontre avec le franc-maçon Léon Richer, surnommé "l'homme des femmes". Rencontre avec Richer En 1865, Richer propose à Maria de participer à une série de conférences sur l'émancipation de la femme dans la salle du Grand Orient de France. Cette proposition audacieuse la fait réfléchir : "''J'étais à mille lieues de penser que je parlerais un jour en public. Comment en aurais-je conçu le dessein ? Les femmes sont exclues du sacerdoce, de la politique, du barreau, de l'enseignement universitaire. Les accès de la chaire et de la tribune leur sont absolument interdits''". Malgré les a priori, le succès est foudroyant. La salle devenue trop petite et le droit de réunion étant interdit, surtout sur des sujets aussi subversifs, les conférences auront lieu désormais soit dans d'autres loges maçonniques, soit dans sa propriété des Mathurins, près de Pontoise. Ses qualités d'oratrice, reconnues même par la presse masculine, vont apporter à la cause féminine une audience populaire qu'elle n'avait jamais vraiment rencontrée jusqu'ici.
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Une paria Flora Tristan (1803-1844) est un des personnages les plus attachants et atypiques du XIXe siècle. Femme au parcours chaotique, bâtarde, pauvre et humiliée, elle a finalement consacré et sacrifié sa vie à ses deux grandes causes, la misère du monde ouvrier et l'émancipation des femmes.La destinée de cette femme a largement pesé dans ses combats. Ses parents (une mère française et un père de la noblesse péruvienne) furent mariés en Espagne pendant la Révolution française par un prêtre réfractaire (1). Mais cette union ne sera jamais enregistrée par les autorités françaises et péruviennes. Son père, Don Mariano meurt en 1908 sans laisser de preuves de son mariage et sans testament. Malgré ses efforts et ses voyages au Pérou pour tenter de prouver sa filiation, Flora sera traitée de paria par le monde entier. Elle accepte ce statut et s'en fait un titre en publiant un livre magnifique et poignant, "Pérégrinations d'une paria". Abandon de domicile De retour en France, Flora et sa mère s'installent à Paris dans des conditions d'insalubrité digne des "Mystères de Paris" d'Eugène Sue . Pour remonter dans la hiérarchie sociale, sa mère cherche un mari honorable et fortuné pour sa fille qui n'a pas de dot mais qui est très belle. Finalement un petit patron, André Chazal fera l'affaire. Le cauchemar se poursuit. Après quatre ans de vie commune pénible, Flora Tristan, enceinte de son deuxième enfant, Aline (future mère du peintre Paul Gauguin), abandonne le domicile conjugal. Son mari lui a demandé de se prostituer pour remettre à flots les finances du ménage. Le divorce n'étant pas légal, Flora subit une nouvelle humiliation, avec ce statut de femme seule. Guerre conjugale La guerre conjugale prend une nouvelle ampleur. André Chazal, furieux et vexé de l'affront, enlève l'enfant puis fait un procès pour adultère à sa femme. Ces années de violences et de coups bas se terminent en drame. En 1838, Chazal tente d'assassiner Flora en lui tirant deux coups de pistolet dans la poitrine en pleine rue. Gravement blessée, elle s'en remettra au bout de quelques mois. Le procès qui suit condamne le meurtrier à vingt ans de travaux forcés. Peu rancunière et profondément humaine, Flora lance peu avant le procès une "pétition pour l'abolition de la peine de mort" dont son mari est menacé.A 36 ans, libérée de ses tourments conjugaux, Flora Tristan se jette dans la carrière littéraire. Elle voyage et, à la manière des reporters, nous fait partager ses impressions, en particulier avec ses "Promenades dans Londres" où elle livre, par une enquête attentive et minutieuse, les misères et les turpitudes de la capitale britannique.
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1948 et les espoirs des féministes Eugénie Niboyet (1796-1883) incarne ce que l'on nomme désormais "le féminisme quarante-huitard". Ces femmes ont en commun d'avoir fréquenté les milieux du saint-simonisme dans les années 1830, puis d'avoir entretenu d'étroites relations avec le mouvement fouriériste.Issue d'une famille bourgeoise protestante et intellectuelle, Eugénie Niboyet s'est rapidement imprégné de ces expériences socialistes et utopistes. En 1833, elle fonde à Lyon un hebdomadaire, "Le Conseiller des femmes" destinées aux bourgeoises et aux ouvrières. ''"Nous n'écrivons pas pour les esprits étroits qui veulent borner la femme aux soins du ménage. Les femmes n'ont plus à acquérir leur liberté, mais à l'exercer"'' annonce-t-elle dans son premier numéro. Mais la reprise en main morale du pays par le nouveau souverain Louis-Philippe anéantit tous les espoirs de progrès social et humain. Il faut attendre cette fameuse année 1848 pour entrevoir la lumière. La République de 48 Après les émeutes du 23 février 48, entraînant l'abdication de Louis-Philippe, les révolutionnaires forment un gouvernement provisoire, dirigé par Alphonse de Lamartine, qui proclame immédiatement la République. En dix jours, les réformes s'enchaînent : abolition de la peine de mort en matière politique, création d'un ministère du travail (la journée de travail est limité à dix heures), liberté de presse et de réunion et élections au suffrage universel. La République "romantique" laisse espérer les espérances les plus folles. L'effervescence est à son comble. La Voix des femmes C'est le moment choisi par Eugénie Niboyet pour créer "La Voix des femmes, le journal socialiste et politique, organe d'intérêts pour toutes les femmes". La directrice et fondatrice est secondée par de vieilles connaissances, Désirée Gay, vice-présidente et Jeanne Deroin, secrétaire générale. En préambule, le journal annonce que ''"les hommes ne seront reçus dans les locaux que présentés par une dame Sociétaire"''. L'éditorial d'Eugénie dans le premier numéro du 20 mars 48, cadre les enjeux : ''"une grande révolution vient de s'accomplir. Cataclysme moral d'idées plus rapides que l'onde, en quelques jours elle a débordé la France, en quelques mois, peut-être elle aura débordé l'Europe. Les glorieux promoteurs de cette éclatante victoire ont eu tous les partis pour historiens, tous les journaux pour tribune ! Et pourquoi donc, à son tour, la femme ne mêlerait-elle pas sa voix à ce Te Deum général, elle qui donne des citoyens d'Etat, des chefs de famille ? LA LIBERTE, L'EGALITE, LA FRATERNITE appellent le genre humain aux mêmes prérogatives ; honneur à cette trinité sainte qui accordera aux femmes des droits de citoyenneté leur permettant de s'élever intellectuellement et moralement à l'égal des hommes"''. 
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Un esprit des Lumières Issu d'une vieille noblesse dauphinoise, Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), est un authentique homme des Lumières, "le dernier des philosophes" selon l'historien Jules Michelet. Tout d'abord mathématicien, il entre, à 26 ans, à l'illustre Académie des Sciences dont il devient le secrétaire perpétuel en 1776. Ami du philosophe d'Alembert, Condorcet rédige pour la prestigieuse Encyclopédie des articles d'économie politique. Bien avant l'avènement des premières élections démocratiques, il réfléchit à la représentativité des systèmes de vote (la méthode Condorcet). Parallèlement à ces travaux scientifiques, cet esprit des Lumières prend la défense des "minorités" opprimés, les noirs ("Réflexions sur l'esclavage des nègres" en 1781), les juifs, ... et les femmes. Ostracisme idéologique et racial Lorsque la révolution éclate, Condorcet se retrouve naturellement du côté des républicains. Sa carrière politique peut débuter. Elu au conseil municipal de Paris dès 1789, député en 1791, il est l'auteur d'un projet de décret sur l'organisation générale de l'instruction publique où il introduit les notions d'école publique, laïque et gratuite. Révolutionnaire ! En 1790, il fonde avec son ami l'abbé Sieyes ("Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?") le "Journal de la société de 1789". C'est dans cette revue que Condorcet publie, le 3 juillet 1790, ce texte majeur que nous vous proposons en intégralité, ''"Sur l'admission des femmes au droit de cité"''. Pour l'auteur, le refus d'intégrer les femmes dans la communauté civile ne diffère en rien de l'ostracisme idéologique et racial. Malgré la Déclaration des droits de l'homme, les discriminations continuent, à la faveur de l'habitude et des préjugés, sans susciter l'émoi de ceux qui travaillent à faire l'égalité des droits "le fondement unique de nos institutions politiques". Pierre angulaire du "progrès de l'esprit humain", Condorcet prône l'égalité d'éducation et la mixité puisque hommes et femmes ont les mêmes droits.
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De vives réactions Les théories abracadabrantesques de Proudhon développées dans De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise ne pouvaient susciter que réponses acerbes et polémiques. Quelques femmes s'y sont collées. Dès 1849, profitant du nouveau souffle engendré par l'instauration de la IIe République, l'ex-saint-simonienne, Jeanne Deroin présente sa candidature comme député car ''"une assemblée législative composée d'hommes est aussi incompétente pour faire les lois qui régissent une société composée d'hommes et de femmes que le serait une assemblée de privilégiés pour discuter des intérêts des travailleurs"''. Elle espère le soutien des démocrates socialistes. Mais la réponse de Proudhon dans son journal Le Peuple est sans ambiguïté : ''"Nous ne pouvons laisser passer sans protester énergiquement au nom de la morale publique et de la justice elle-même de semblables prétentions et de pareils principes. Il importe que le socialisme n'en accepte pas la solidarité"''. Question suivante... Une belle jeune femme... D'autres encore tentent de soulever les montagnes de la misogynie. La franc-maçonne Maria Desraisme, André Léo (La femme et les mœurs), Jenny d'Héricourt (La femme affranchie), Daniel Stern de son vrai nom Marie d'Agoult (Lettres républicaines) et bien sûr Georges Sand. Mais une jeune et belle femme, Juliette Lamber va provoquer un vif émoi pour les uns et une réelle admiration pour les autres en sortant son premier livre, Les idées anti-proudhoniennes. La presse s'en fait largement l'écho. Le succès est garanti.Née en 1836 en Picardie, Juliette Lamber est mariée à 15 ans à un avocat positiviste. Rapidement veuve, elle découvre les idées féministes "grâce" à Proudhon. Le salon de Marie Révoltée par les attaques que subissent Georges Sand et Daniel Stern, elle passe à l'action en sortant, en 1858, ses Idées proudhoniennes. Elle fait ainsi son entrée, par la grande porte, dans le monde littéraire républicain, opposé à l'Empire de Napoléon III. Juliette fréquente d'abord le salon de Marie d'Agoult, avant d'ouvrir son propre salon, boulevard Poissonnière où l'on retrouve le politique Hippolyte Carnot, le futur président de la République Adolphe Thiers, le savant Emmanuel Arago, le poète Sully Prudhomme, l'écrivain Guy de Maupassant, son futur mari Edmond Adam, et surtout Léon Gambetta qui en fera son égérie.
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L'obscurantisme des Lumières Voici un monument de sexisme.Certes, le propos n'est pas surprenant dans cette moitié du XIXe siècle. Le pouvoir masculin est sorti vainqueur de la Révolution française. Le Code napoléonien a réduit les femmes à d'éternelles mineures. Mais ce texte hallucinant de misogynie venant d'un penseur comme Pierre-Joseph Proudhon a de quoi décourager toutes les bonnes âmes du progrès de l'humanité.Père de l'anarchisme, fondateur du système mutualiste, du syndicalisme ouvrier et du fédéralisme, inspirateur de Marx et Engels, Proudhon est considéré comme un précurseur de la pensée moderne dans cette France louis-philipparde en déclin.En 1840, il publie son premier brûlot, Qu'est-ce que la propriété ? "''C'est le vol''" répond-il. Dès lors, sa réputation va grandissant dans les milieux aussi bien intellectuels que populaires. Tous machos ! Et pourtant ! Proudhon, marié et père de deux filles, est un odieux machiste. Certes, ce n'est pas le seul. Le philosophe Auguste Comte rappelle "''l'inaptitude des femmes à l'abstraction et à la contention''" pour ajouter :"''leurs vies doivent être éminemment domestiques''". L'historien Jules Michelet, extrêmement populaire, considère lui, que "''la mystique des femmes a pour contrepartie sa soumission à l'homme''". Tous les courants de pensée dominants concourent à imposer l'idée que la biologie a fixé la place de la femme comme inférieure, à faire accepter le mariage comme son unique destin, puisqu'elle ne peut vivre sans l'homme...
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Un mouvement progressiste Claire Démar, jeune femme de 32 ou 34 ans (sa date de naissance reste inconnue) est Saint-Simonienne. Tout un programme.Le Comte de Saint-Simon, philosophe et économiste prévoit l'effondrement de l'Ancien régime et l'avènement de la société industrielle où s'harmoniseront spontanément les intérêts des chefs d'entreprises et des ouvriers. Dès sa mort en 1825, une école saint-simonienne se forme autour de Prosper Enfantin, Armand Bazard et Pierre Leroux. Ces disciples dépassent le maître et élaborent les premières théories du socialisme (collectivisation, planification...). Ils mettent en place une nouvelle société fondée sur la compétence et l'efficacité.La richesse intellectuelle de cette nouvelle secte, au-delà de son folklore, va marquer l'histoire des idées. Les femmes ont leur place Dans ce mouvement progressiste, les femmes trouvent tout naturellement leur place.En 1830, de nombreux journaux féminins voient le jour, La femme libre, La femme de l'avenir ou L'apostolat des femmes.Les femmes récupèrent des moyens et des lieux d'expression égarés depuis la Révolution française. "''Nous sommes des jeunes filles du peuple sans autre science que celle de notre religion, sans autre ressource pécuniaire que le produit de nos travaux d'aiguille''", écrivent ces ouvrières. Claire Démar participe activement aux réunions de rédaction, écrit les articles les plus engagés et polémiques. La femme-messie En 1831, sous l'impulsion du déjanté, Prosper Enfantin, Père de la famille, les Saint-Simoniens prêchent l'avènement de la "femme-messie", appelée à doter l'humanité de la morale féminine qui lui fait défaut, et à devenir la Mère du mouvement. Aussitôt, certains partent aux quatre coins de l'Egypte où la "femme-messie" aurait été repéré". D'autres traitent Enfantin de "monstre infernal". La secte ne survivra pas au schisme...
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Passée inaperçue... Ne nous leurrons pas ! Ce texte fondateur de l'émancipation de la femme, écrit en 1791 par Olympe de Gouges est passé complètement inaperçue dans le tourbillon de la Révolution française. Peu d'historiens le mentionnent en effet. Il faut dire que son combat n'intéresse personne, même parmi ses collègues révolutionnaires...Il faudra attendre les dernières décennies du XXe siècle et le bicentenaire de la Révolution pour qu'Olympe de Gouges sorte de l'indifférence, et qu'on lui attribue enfin le bâton de pèlerin des pionnières du féminisme. Le mariage est le tombeau de l'amour Fille naturelle du marquis Le Franc de Pompignan, née Marie Gouze, Olympe, né en 1848 à Montauban, quitte rapidement tout ce qu'on lui a imposé, la province, un mari et l'oisiveté des bourgeoises. Malgré les nombreuses sollicitations, cette belle jeune femme refusera de se remarier en ajoutant que "le mariage est le tombeau de la confiance et de l'amour". A Paris, elle rêve de gloire littéraire, fréquente les salons mondains, écrit quelques pièces de théâtre sans grand succès.Mais la révolution arrive. +a sera son affaire. Abolir l'esclavage Son premier combat se situe en faveur de l'abolition de l'esclavage. Elle connaîtra même un certain succès avec sa nouvelle pièce, "L'esclavage des Noirs ou l'heureux naufrage" jouée à la Comédie-Française. Aux chaudes heures de la Révolution, Olympe fréquente plutôt les Mirabeau, La Fayette ou Necker, tous partisans de la Monarchie constitutionnelle. Elle propose même ses services aux avocats de Louis XVI pour le défendre. "''Le roi n'est pas coupable en tant qu'homme, mais uniquement comme souverain''", précise t-elle.
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A l'heure des Etats Généraux Même les célèbres Olympe de Gouges (bientôt panthéonisée ?) ou Théroigne de Méricourt sont postérieurs à Marie de Vuigneras... Cette Charentaise du petit village de Charras part au combat dès le printemps 1789. Sous la pression du Tiers-Etat (1), Louis XVI finit par accepter que des Etats Généraux (l'ancêtre de nos débats participatifs...) se tiennent aux quatre coins du pays pour recevoir les doléances du peuple. Le despotisme marital Mme Vuigneras se bat tout d'abord pour l'admission des femmes à ces Etats Généraux. ''"Inconcevable et ridiculement prétentieux"'' lui rétorque la baronnie charentaise. Marie rédige alors un "cahier des doléances des femmes de la Charente" où elle expose la situation des femmes en cette fin du XVIIIe siècle : ''"Le despotisme marital, autant despote envers les femmes que l'est celui de l'aristocratie envers les peuples doit disparaître"''. Les dames des Halles et des Faubourgs Fort d'un petit succès local, Marie de Vuigneras monte à Paris, tenter l'aventure du journal. C'est la mode alors. Elle est encouragée par les journées des 5 et 6 octobre 1789 où les femmes montent en première ligne dans le combat révolutionnaire. Les dames des Halles et des Faubourgs, exaspérées par la pénurie de pain, exige que le Roi ratifie la nouvelle Constitution et confirme l'abolition des privilèges, décidé deux mois plus tôt par l'Assemblée nationale. Le 5 octobre, plus de 7 000 parisiennes partent à Versailles, hurler sous les fenêtres de la famille royale : ''"A Paris, à Paris"''. Devant la menace, Louis XVI cède immédiatement. Il accepte la Constitution et la famille royale quitte sur le champ Versailles pour s'installer définitivement aux Tuileries.