Petite page publicitaire...

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Les magazines en sont farcis, je tourne les pages sans même les voir. La télé en est pourrie, mais c'est normal, une histoire de temps de cerveau disponible, cynique commentaire mais honnête soit dit en passant. Il y en a aussi plein les rues. Là, on les remarque moins. On marche vite les yeux rivés sur le macadam, enfin un peu aussi sur les vitrines, on roule préoccupées et dans le bus, on bouquine. Je parle de la pub, bien entendu. De la pu-bli-ci-té. Et j'adooooore en parler. Je dois estimer que je suis bien placée pour cela vu que je suis une ancienne fille de pub. D'abord, elle m'a fascinée, je suis une Ogilvy's baby, parfois, elle m'a intriguée, elle m'a souvent beaucoup fait rigoler et puis une fois que j'ai été dedans, elle m'a carrément fatiguée. Résultat : je ne la vois plus. Il m'arrive cependant, confortablement installée dans le sofa de mon mental, de saluer tel ou tel slogan, telle ou telle composition ou au contraire de maudire de fichues créations qui sont à mon sens une intolérable insulte à l'humanité et parfois bien pire. Mais je ne suis pas là pour dispenser un cours de morale publicitaire. Je suis ici pour vous faire un aveu. Petit déjeuner (avec mon ami Ricoré, pfff, même pas vrai), le bol à droite et un féminin magazine à ma gauche. Histoire de feuilleter le temps en jolies images... Bla-bla au ciné. Bla-bla les pipole. Bla-bla-bla le dossier. Cette semaine c'est écologie. Pfffffffff, ils manquent pas d'air avec leur forêt de papier et leurs encres plombées ! re bla-bla les super shoes. Et là, tout d'un coup, arrêt sur la page. Je freine à la fois de l'index et du regard. "Mais qu'est-ce que j'ai vu là ?", m'esclame-je. Non, je reprends : "Mais qui donc c'est donc là que j'ai vu là ?". Estourbie, espantée, étonnée, interpellée, froissée, chiffonée, je suis pliée : je viens d'avoir un paper coup de foudre.
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