Meryl, Helen et Nathalie

avec
Qui d'autre que Meryl Streep pouvait interpréter Miranda Priestley dans "Le Diable s'habille en Prada". Le cheveu platine, la silhouette magnifiée, l'ongle écarlate et acéré, Meryl Streep était née pour incarner cette emmerdeuse sur talons aiguilles, croisement improbable de la Cruella des "101 Dalmatiens" et d'Hilary Clinton. A 56 ans, elle affiche un aplomb sans relâche dans la façon d'assumer qui elle est. Perfectionniste des costumes ("Dans ma prochaine vie, je serai costumière", déclare-t-elle souvent), capable de prendre des accents et des voix improbables, elle est cette super "patronne" dont l'âge, finalement, importe peu même s'il se devine aisément. Dans"The Queen" de Stephen Frears (sortie le 18 octobre), l'Anglaise Helen Mirren incarne sa royale majesté Elisabeth II. Cheveu gris permanenté, tailleurs tartignoles, godillots plats : rien de glamour dans ce personnage âgé de quatre-vingts ans campé par une comédienne qui en affiche dix-neuf de moins, mais un vrai challenge puisque le "modèle" est bien vivant. "J'étais terrorisée, raconte Helen. C'est le rôle qui m'a le plus angoissé de toute ma carrière." Dans la "La Californie" de Jacques Fieschi (sortie le 25 octobre, une femme mûre vit entourée de sa cour (son coiffeur, ses hommes à tout faire et sa meilleure amie) dans une luxueuse villa des hauteurs de Cannes. Nathalie Baye, cinquante-huit ans, est cette rousse flamboyante, fourbue de solitude et de désœuvrement, dont les soirées trop arrosées précèdent les petits matins non triomphants, qui constate amèrement : "Plus je vieillis, moins je sens que j'ai vécu." Un rôle aigu pour cette comédienne qui s'est souvent mise en danger, en tant que femme et en tant qu'actrice.
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