Egale en droits et en plaisirs !

avec
Etrennes nationales des dames ''N°1 - 30 novembre 1789'' Les Gauloises jadis... J'étais persuadée, ô mon sexe, de ton incapacité et de ta faiblesse ; je ne te croyais capable dans la classe inférieure ou indigente que de filer, coudre ou vaquer aux soins du ménage, dans un rang plus distingué, le chant, la danse, la musique et le jeu me semblaient devoir être tes occupations essentielles. Je n'avais pas assez d'expérience pour discerner que tous ces exercices sont au contraire autant d'obstacles au développement du génie. Les Gauloises jadis ranimaient au combat le courage chancelant de leurs guerriers. Le 5 octobre dernier, les Parisiennes ont prouvé aux hommes qu'elles étaient pour le moins aussi brave qu'eux, et aussi entreprenantes. L'histoire et cette grande journée m'ont déterminés à vous faire une motion très importante pour l'honneur de notre sexe. Séduction des charmes et pouvoir de l'esprit Remettons les hommes dans leur chemin, et ne souffrons pas qu'avec leurs systèmes d'égalité et de liberté, avec leurs déclarations de droits, ils nous laissent dans l'état d'infériorité ; disons vrai, d'esclavage, dans lequel ils nous retiennent depuis si longtemps.Je suis si convaincue de la justice de notre cause, que si vous daignez me seconder de la séduction de vos charmes et du pouvoir de votre esprit, nous dicterons à nos adversaires, les hommes, la capitulation la plus honorable pour notre sexe. Je leur dirais... S'il se trouvait quelques maris assez aristocrates, dans leurs ménages, pour s'opposer au partage des devoirs et des honneurs patriotiques que nous réclamons, nous nous servirions contre eux des armes qu'ils ont employées avec tant de succès. Je leur dirais : ''"Vous avez vaincu, en faisant connaître au peuple sa force, en lui demandant si 23 400 000 âmes devaient être soumises aux volontés et aux caprices de 100 000 familles brevetées par la tolérance et l'opinion. Dans cette masse énorme d'opprimés, n'y a-t-il pas au moins la moitié du sexe féminin ? Et cette moitié doit-elle être exclue, à mérite égal, du gouvernement que nous avons retiré à nos enfants qui en abusaient"''. (...)
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