Yasmina et Sarkozy

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Pas l'homme mais le destin... Le livre de Yasmina Reza aurait très bien pu passer inaperçu en cette rentrée littéraire. Mais il ne s'agit pas d'un énième ouvrage consacré à Nicolas Sarkozy. L'aube le soir ou la nuit n'a, dans la forme, pas grand chose à voir avec les récentes publications à caractère journalistique comme celle de Catherine Nay, de Nicolas Domenach ou de Ghislaine Ottenheimer... En toile de fond, ce n'est pas tant l'homme qui l'intéresse mais plutôt le destin politique. Un thème éminemment romanesque qui la fascine depuis des années. Jusqu'ici elle peine à trouver la forme idéale. Et puis, un homme politique de premier rang - qu'elle appelle G et à qui elle dédie le livre - rentre dans sa vie. Un récit intimiste Son projet renaît. Ce sera un récit intimiste. Pour incarner cette personnalité en quête du pouvoir, Nicolas Sarkozy s'impose de lui-même. Pourtant elle ne le connaît pas personnellement. Yasmina Reza ne fantasme pas sur lui. Pas plus qu'elle ne le prend pour le diable incarné. En revanche, l'agitation qu'il provoque lui offre une dramaturgie rêvée. Son ami, Guy Carcassonne, ancien conseiller de Lionel Jospin, avait une relation dans l'équipe de l'ex-ministre de l'intérieur. Il la met en relation en juin 2006. Très vite, Sarkozy se laisse porter. Peu importe les risques !" Même si vous me démolissez, vous me grandirez", lui aurait-il répondu.

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Xavier Renard

A voir
Pas faite pour ce métier Dans l'univers du journalisme, l'histoire de Colombe Schneck n'est pas banale. Elle a dû batailler ferme : "''Beaucoup m'ont dit que je n'étais pas faite pour ce métier, que je ne savais pas écrire''", raconte-t-elle. Après des études de Droit et à Sciences-po, elle sera correspondante à New-York pour Le Monde. De retour en France, Daniel Schneidermann lui confie une chronique hebdomadaire dans la très sérieuse émission Arrêt sur images. "''Ce fut une chance. Je me suis toujours intéressée à l'univers des médias, à son fonctionnement, à son actualité et à son économie.''" Un style atypique Puis, c'est Canal+ et Stéphane Bern dans Le Fou du Roi qui lui permettent de faire ses gammes. Colombe anime aujourd'hui "J'ai mes sources" tous les jours sur France-Inter et I-Médias sur I-Tele, la chaîne d'infos de Canal+, où elle décrypte le monde de l'information. "''C'est passionnant. Il y a une kyrielle de sujets à traiter.''"Finalement, elle aura réussi à imposer son style atypique, parfois maladroit mais tellement authentique. Si loin du journalisme policé, sans fêlures apparentes, qui domine le PAF... "''Je n'aurais jamais pu travailler à LCI. Je parle trop vite...''"
Voyage
Des flammes dans la grisaile Le Gershwin Hôtel dénote au milieu des buildings de Broadway. Situé sur la 27 ème rue au niveau de la 5ème avenue, en plein cœur de New-York, un immeuble à la façade rouge habillé des sculptures du Finlandais Stéphane Lindfors - représentant des flammes sur cinq étages. Il scintille au milieu de la grisaille !Décalé et déjanté, l'établissement fait de la culture et de la dérision un art de vivre. De la déco Pop Art - en mémoire à Andy Warhol - ami intime des propriétaires, francophones de surcroît - des expos temporaires d'artistes en résidence au fond sonore électro du hall d'accueil, tout est finement orchestré pour se démarquer des grands complexes hôteliers new-yorkais. Ambiance délurée Le concept donne la part belle à l'esprit, à cette ambiance joyeusement délurée sans, pour autant, délaisser le confort. Un restaurant viendra bientôt garnir la liste des services déjà proposés : Internet, baby-sitting, blanchisserie... Quant aux trois suites, elles n'ont rien à envier à celles des palaces. Avec - cela va sans dire - une déco entièrement réalisée par des artistes de passage.
Décoder les autres
Le 10 septembre 2008, une femme de 35 ans, emprisonnée pour infanticide, a accouché d'une petite fille à la surprise et à la stupeur générales... Et en particulier de l'administration pénitentiaire, du personnel médical... Une nouvelle fois, le déni de grossesse fait l'actualité... ''Je ne suis pas enceinte''La lecture du premier livre de Gaëlle Guernalec-Levy "Je ne suis pas enceinte" fait froid dans le dos. Non, le déni de grossesse ne survient pas seulement chez les adolescentes ou les plus démunies : "''Il est susceptible de toucher toute femme en âge de procréer.''" C'est écrit noir sur blanc, simplement... Dans un style sobre et limpide, la journaliste du magazine Parents fait la chasse aux idées reçues. Oui, il est possible d'être enceinte sans changer de tour de taille ni de tour de poitrine, sans avoir de nausées, à l'insu de tous, compagnon ou médecin. Trois sortes de déni Son enquête reprend les rares études menées sur le sujet : il y 1 à 3 dénis de grossesse pour 1000 naissances, soit entre 800 et 2 400 cas en France chaque année. Selon le docteur Michel Libert, pédopsychiatre à Lille qui, appelé à la barre des Assises de Douai en 2006 pour une affaire d'infanticide : "''Il existe trois sortes de déni de grossesse. Un complet jusqu'au terme de la grossesse, un partiel, levé en cours de la grossesse et un plus atypique ou "mineur". La femme est dans le même temps dans le déni et dans la dissimulation. Elle sait intellectuellement qu'elle est enceinte mais ne peut pas investir cette grossesse.''" L'omerta sur la maternité... 
C'était le 15 février 2005. Un an près la mise en œuvre de la première réforme de la Moudouwana (Code de la Famille) du Roi Mohamed VI, le ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ avait dressé un ''"bilan positif, qui incite à l'optimisme."''La simplification des procédures du mariage - les marocains peuvent formuler leur demande oralement - a engendré une croissance significative des unions : 10 % en 2004 et presque autant l'an passé. De même, l'administration royale a mis en exergue une baisse des divorces, particulièrement des procédures moyennant compensations financières (le khol'â), qui profitent aux divorces par consentement mutuel (Chiqaq). On note une régression de la polygamie : -10 %. Les objectifs initiaux semblent atteints. Ce nouveau Code s'était fixé de consolider les ''"fondements de la famille marocaine, attachée à ses valeurs et à son authenticité et ouverte à son époque."'' Intellectuels, associations, juges, avocats, médias s'accordent à dire que ce changement de cap constitue un progrès décisif. La mise en place du principe d'égalité des hommes et des femmes est un nouveau pas vers la modernité.
Voyage
© Xavier Renard
Le Gershwin Hôtel est un hôtel décalé et déjanté qui fait de la culture et de la dérision un art de vivre. De la déco Pop Art - en mémoire à Andy Warhol, des expos temporaires d'artistes en résidence au fond sonore électro du hall d'accueil. Yes ! Images !
Actu / Evénements
La BD se féminise ! Les femmes représenteraient 45 % de l'ensemble du lectorat, d'après une étude de l'association des critiques de BD en 2004. Plus de lectrices, mais aussi plus d'auteures, dessinatrices et coloristes femmes. Elles se comptaient sur les doigts d'une main il y a une quinzaine d'année. "''On a de plus en plus de manuscrits de qualité, proposés par des femmes''", affirme Jocelyne Mucig, responsable marketing chez Dargaud, Dupuis et Le Lombard. "''Ce sont elles qui prennent la parole. On ne surfe pas sur la vague de la féminisation de la BD''". Brétécher et les trentenaires Florence Cestac ou Claire Brétécher ont ouvert la voie. Décomplexées, elles sont aujourd'hui très nombreuses à frapper à la porte des éditeurs. Les trentenaires sont des héritières de la culture du manga, du shojo (manga féminin) et des dessins animés japonais. Ilona, la dessinatrice de la Danseuse du temps, fait partie de cette génération. "''J'ai su très vite que je voulais dessiner et vivre de ma passion. Le dessin animé japonais a joué un rôle prépondérant. Dargaud m'a fait part de sa volonté de donner plus de places aux femmes, ça m'a motivée !''". Encensée par la critique, sa nouvelle série met en scène des sculptures de pierre, représentant de jolies danseuses asiatiques à la beauté dévastatrice...
Voyage
Helena est Allemande. A 53 ans, elle a déjà posé ses valises dans beaucoup de villes européennes. Après avoir vécu de nombreuses années en France - à Avignon et à Paris - elle a choisi d'installer son magasin de fringues "Poudre de Perlimpinpin" non loin de la Plaça del Real au cœur de Barcelone, dans une rue étroite. A 31 ans, Aicha a tout claqué il y a deux ans pour tenter l'aventure barcelonaise. Exit une vie rangée, sa librairie, ses amis, sa famille. "Mon entourage n'a pas compris ma décision", explique-t-elle. "J'ai fait le choix de la vie avec un grand V, dans une ville où tout est accessible." D'ailleurs, elle se verrait bien rester plus longtemps, si un poste de libraire lui était proposé. "Le problème, c'est qu'à Barcelone, il faut parler le catalan. J'ai fait pas mal d'entretiens, mais on m'a toujours refoulée à cause de la langue." Stéphanie du Consulat de France confirme : "Barcelone est une ville formidable pour trouver facilement du travail. Tout est plus simple, la croissance est importante, c'est une ville dynamique, mais les choses se compliquent un peu quand il s'agit de postes à responsabilité, notamment dans la culture."Cette relative fermeture des élites et des défenseurs de la langue catalane n'entache pas le moral des étrangers, qui sont toujours aussi nombreux. Charmés par ce vent de liberté, qui souffle avec intensité. Chacun y trouve sa place, quelque soit son apparence, son appartenance sociale, politique ou sa sexualité... "Barcelone est la seule ville que je connaisse, où il est encore possible de s'habiller comme on veut. Le vêtement marque la personnalité et les idées politiques. Ici, ça ne dérange personne", s'émeut Helena, qui malgré ses 53 ans vit en colocation avec un jeune catalan en centre ville. "Ici les rastas font la fête avec les punks. Il n'est pas rare de voir des serveurs dans de grands restaurants, travailler avec un piercing ou une coupe de cheveux dernier cri. On ne voit pas trop ça ailleurs, même à Londres."
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