Le fabuleux destin de Rachida

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Destins de femmes... "''Elle est jeune, jolie, intelligente. Elle se préoccupe du sort du monde, de la femme orientale - de la femme en général -, bref, c'est une artiste "engagée"''. Et Marocaine, en plus. Que vient-elle faire chez les "comiques", comme ils disent ? ''Elle est drôle. Très drôle. Batailleuse, émouvante et drôle.''" C'est encore son ami et co-auteur Guy Bedos qui parle le mieux de Rachida Khalil, une jeune artiste prometteuse. Ensemble, ils ont écrit "La vie rêvée de Fatna", une pièce en dix tableaux à la fois caustique et poétique, qui raconte les destins croisés de trois femmes : Fatna, la tante restée au pays, Karima, l'ambitieuse apprentie comédienne, et Sophie, la voisine de cité. Et peut-être aussi un peu celui de Rachida, des montagnes de son Rif natal aux planches de l'Olympia. Un village hors du temps Rachida Khalil est née en 1973... ou en 1974. Elle ne sait pas vraiment. A Rechida, le village de montagne où elle a vu le jour, le registre des naissances n'existait pas. "''C'est un endroit très pauvre avec 3 000 habitants'', explique la comédienne. ''On y vivait hors du temps : on allait chercher l'eau au puit, on élevait des chèvres dans des paysages splendides. Il n'y a pas de possibilité de s'en sortir là-bas, on est tellement loin du monde. Pas d'électricité, donc pas de radio ni de télévision.''" Qui aurait pensé que, quelques années plus tard, la petite Marocaine de Rachida allait non seulement s'en sortir, mais aussi réussir de l'autre côté de la Méditerranée ? ''En partenariat avec le magazine DM''

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Yasrine Mouaatarif

Salima Naji, la mémoire des hommes et des pierres... Pour vous, anthropologie et architecture sont liées ? Complètement. Je suis en effet les préceptes du grand architecte égyptien Hassan Fathy : pour construire, on ne peut se désintéresser de la société pour laquelle on œuvre. Un exemple que l'on retrouve dans les casbahs du sud du Maroc : la tamesryt, une pièce de réception réservée aux invités, qui est la plus belle et la plus ornée de toutes. L'effort décoratif trouve ici sa source à la fois dans la volonté de prestige des propriétaires et dans la croyance en l'aïn, ou "mauvais œil". Ainsi, les fibules, rosaces ou cercles concentriques ne sont pas seulement des ornements, ils ont aussi un rôle de protection censé attraper le "mal" et le repousser hors du foyer. Vous vous êtes beaucoup intéressée aux architectures de l'Atlas : ksar, casbah, grenier-citadelle. De quoi s'agit-il ? Le ksar est un village fortifié des vallées présahariennes, comme celle du Drâa, du Tafilalet ou du Dadès. Il s'agit d'un ensemble d'habitations, regroupées dans une même enceinte autour d'une mosquée. La casbah, elle, est souvent l'œuvre d'un seigneur local qui s'est extrait du ksar pour ériger une forteresse et conforter son statut. Certaines sont de véritables palais. Quant aux greniers citadelles, si certains, en pisé, peuvent ressembler extérieurement à des casbahs, il en existe une très grande diversité. Mais, aujourd'hui, ces architectures vernaculaires ont perdu leur fonction défensive, et la modernisation du milieu rural a bouleversé les modes de vie. D'ailleurs, toutes ces mutations auraient pu les faire disparaître définitivement si, depuis peu, des actions n'étaient engagées pour leur sauvegarde. ''En partenariat avec le magazine DM''
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