Massage et maquillages
L'importance d'une bonne image de soi comme alliée contre la maladie entre peu à peu dans les esprits. Créée en 1954, l'association américaine Cosmetic Executive Woman s'est développée en France dès 1986 et, naturellement, ces femmes du monde de la beauté se sont intéressées au monde médical.
Le premier centre de beauté CEW s'installe à l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, en service de cancérologie en 1992. En cabine aménagée ou directement dans les chambres des patients, les esthéticiennes diplômées d'état apportent le temps d'un soin gratuit un peu de mieux-être aux malades. Une fois par semaine, le massage ou les touches de maquillage font entrer un peu de vie quotidienne dans le contexte médical et ce geste simple restaure la confiance. Depuis, l'expérience se pratique dans onze établissements hospitaliers de la région parisienne et un à Marseille.

Comment soutenir et remonter le moral des personnes malades, alors qu'on ne peut mentir sur les risques des suites d'un cancer ?

Marie-Laure Allouis, infirmière de trente-trois ans, s'est formée au conseil en image personnelle et au maquillage. "''Au départ, cela n'a rien à voir avec les gens malades, mais je l'ai adapté aux questions des patients. Je reprends les effets secondaires des traitements''", explique-t-elle.

Depuis 2003, elle exerce son premier métier dans le service cancérologie de l'Hôpital européen Georges Pompidou. Elle y passe également tout son jour de congé, le mardi et conseille gratuitement et personnellement les malades qui le souhaitent. "''Je vois les personnes au tout début lorsqu'elles sont anéanties par la nouvelle.

Le traumatisme est autant dans la perte des cheveux que dans le regard et la honte de se montrer aux autres. Certaines personnes m'appellent à la fin des traitements. Elles veulent se reconstituer une image plus humaine pour un nouveau départ''", indique Marie-Laure.

Ne pas avoir l'air malade

Ne pas avoir l'air malade Les effets secondaires des traitements sont nombreux, différents d'une pathologie et d'une personne à l'autre. La chute des globules rouges donne un teint blafard. Les corticoïdes modifient la structure du visage. Certains grossissent tout en perdant de la masse musculaire. La chimiothérapie dessèche la peau, des plaques peuvent apparaître sur les mains, etc. Au malaise provoqué par ces changements de morphologie, Marie-Laure réplique : "''La première victoire sur la maladie, c'est déjà de ne pas avoir l'air malade !''"

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Devant la glace, elle propose des essais de couleurs et de formes tant en maquillage qu'en vêtement et accessoire. Elle dispose également d'un logiciel informatique qui permet de tester des coiffures. Les séances peuvent durer un quart d'heure comme deux heures et Marie-Laure remet un dossier personnalisé à chacun. L'infirmière conseillère pensait que ses services bénévoles n'intéresseraient que les femmes. Or, elle remarque peu à peu que les catalogues de perruques pour hommes disparaissent étrangement. "''Les jeunes de vingt ou trente ans supportent bien la mode de la coupe à la Barthez, mais les hommes de quarante ans et plus en souffrent davantage. Ils n'ont pas l'habitude mais, sans barbe, leur peau est plus fragile. Et puis pour ceux qui retournent travailler, il faut revoir tout le style car la casquette ne convient au costume et à la cravate.''" En 2004, 30 % des patients de Marie-Laure étaient des hommes.
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