Benazir, l'unique
Quatre mois à peine après son retour d'exil, Benazir Bhuto "remporte" les élections législatives au Pakistan. Enfin presque... Forcément, Benazir,"l'unique" en ourdou, est décédée des suites d'un attentat à Rawalpindi le 27 décembre dernier. A deux kilomètres de l'endroit où son père, Zulfikar Ali Bhutto, président et premier ministre du Pakistan, chef du PPP (Parti progressiste pakistanais) fut lui-même assassiné en 1979...

Un étonnant parcours féminin
La destinée de cette première femme du monde musulman nommée Premier ministre (en 1988) prend ainsi des tournures de tragédie grecque, où la malédiction se mêle aux destins successifs de ses héros et héroïnes...
D'aucuns (dont bon nombre du clan Bhutto) dénoncent une "dynastie" pakistanaise... Certes, mais il s'agit aussi et peut-être avant tout d'un des plus étonnants parcours politique féminin contemporain.

Drames et privilèges
Un parcours consigné par Benazir elle-même dans une autobiographie éditée en janvier dernier "''Benazir Bhutto, fille de l'Orient''".
Un parcours parsemé de quelques privilèges : Benazir appartient à une grande famille de propriétaires terriens du Sind, elle a pu suivre des études aux Etats-Unis à Harvard et au Royaume-Uni à Oxford... Et de nombreux drames, la perte de son père, de ses deux frères, d'emprisonnements incessants, de traquenards, de procès et autres exils.

''Je suis fière de mon héritage''
Mais un parcours qui relève surtout et avant tout d'un engagement politique forcené et opiniâtre, fruit d'une promesse faite à son père qui en a fait son héritière politique et d'un devoir envers son peuple...
Un parcours surprenant dans un monde musulman : "''Je suis une femme fière de mon héritage culturel et religieux. J'estime qu'il est de mon devoir de faire valoir l'islam véritable, une religion tolérante et pluraliste...''".

Martyre et héroïne

"Redoubler d'efforts" Un parcours complexe dans un monde machiste : "''Bien sûr, rien n'est facile pour nous les femmes dans la société moderne où nous vivons. .../... Nous devons toujours redoubler d'efforts pour prouver que nous valons autant que les hommes''".Un parcours dangereux dans un monde politique : en effet, depuis la "partition" (dissociation de deux communautés musulmanes et indoue de l'ancien Empire des Indes) en août 1947, et de fait de la création du Pakistan, cet état souverain n'a connu qu'un enchaînement de coups d'états, dictatures, tractations internationales et désormais terrorisme...

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Martyre de la démocratie Représentante et tête de proue du PPP, Benazir Bhutto revendiquait la démocratie pour son pays : "''Je fais ce que j'ai à faire, et je suis déterminée à rentrer dans on pays pour tenir la promesse que j'ai faite au peuple pakistanais, et soutenir ses aspirations démocratiques''".Son livre se referme sur sa mort prématurée et sur ces dernières paroles : "''En 2007, à l'heure où je m'apprête à rentrer au Pakistan où m'attend un avenir incertain, je sais très bien que les enjeux ne concernent pas uniquement ma personne et mon pays, mais bien le monde entier''''...

Plus d'infos ! "''Benazir Bhutto, fille de l'Orient''" sur le site des éditions Eloise d'Ormesson

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