Un cancer détecté à 47 ans...

Placée hauts risques
''"J'ai eu un cancer du sein et une métastase au poumon"'', voici comment Brigitte F., quarante-sept ans, 3 enfants, présente sa maladie. ''"Je ne dis même pas que je suis malade"'', poursuit-elle en riant. ''"Cette maladie, je passe mon temps à la repousser : devant, derrière, à côté, mais pas en moi ! J'arrive à tricher.... C'est un peu plus difficile quand la dégradation apparaît, mais on arrive à se débrouiller. D'ailleurs, cet après-midi, je vais faire du shopping avec ma fille."'' Le cancer, Brigitte connaît. Sa maman d'abord, puis son frère : ''"Dès mes quarante ans, j'ai été placée sous haute surveillance"'', raconte-t-elle.
Et puis un jour, son échographe a constaté une micro calcification sur le sein droit : ''"Ce n'est pas bon signe"''. Première intervention chirurgicale pour retirer deux nodules et procéder au modelage du sein.

C'est difficile mais il faut rester concentrée
''"Tout s'est bien passé, mais, je savais que j'étais passée de l'autre côté de la barrière..."''
Effectivement, deux ans plus tard, le même échographe détecte une masse au sein gauche. Il s'agissait d'un carcinome intra canalaire, une tumeur derrière la glande mammaire, sans douleurs ni écoulements, ni même de perception à la palpation : une tumeur vicieuse.
Le premier affrontement a été avec la chirurgienne, un fichu caractère, un emploi du temps serré : ''"Il a fallu que je la supplie à genoux de m'opérer"''.

Cancer primaire ou métastase ?

"Hip hip hourra ! Il n'y a qu'une tumeur" Vint enfin le temps de la reconstruction. Nouveau problème : "''Mes plaquettes n'étaient pas bonnes, je n'aurais pas droit au merveilleux et naturel, le lombo dorsal (reconstitution du sein avec le muscle et les graisses du ventre ou du dos). On m'a donc fait une simple prothèse". Problème, Brigitte a fait un rejet... ''"Mais le pire était ailleurs : une métastase de 4 cm de long sur 3 cm de large a été décelée dans le poumon du côté du sein opéré."''Nouvelle équation, chimiothérapie ou ablation partielle du poumon. La question serait tranchée par la nature de la tumeur : cancer primaire ou métastase ? "''Hip hip hourra ! Il n'y avait qu'une tumeur''", se souvient Brigitte.

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Je veux sentir la chimio travailler Brigitte passe ensuite sous chimio lourde. "''Avec des produits très toxiques de la famille des rouges. Bien entendu, là, j'ai perdu mes cheveux et j'ai eu droit aux nausées. On est totalement achevé par ces traitements. Ils sont très dangereux pour le cœur, on tombe très vite en aplasie (baisse des défenses immunitaires) et on est à la merci de la moindre infection. On m'injecte des neupogènes par série de dix fois quatre injections pour y remédier. Il y a des moments où je n'ai même pas la force de lever le bras. Prendre une douche relève d'un effort surhumain.''" Et puis il y a la douleur. ''"Je ne veux pas y penser. Je prends le strict minimum quand cela devient insupportable. Je veux sentir mon corps réagir et vivre. Je veux sentir la chimio travailler. J'analyse tout ce que l'on me prescrit... J'ose !"''
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