Le 17 mai dernier a eu lieu la quatrième journée nationale contre l'homophobie. A partir du début du mois de juin, les "Marches des fiertés" vont s'organiser en France et partout dans le monde. Le 3 juin, ce sera à Lille. Et cette année encore, c'est Sandrine Verstavel qui l'organise. Sandrine fait partie d'une génération décomplexée. Elle se teint les cheveux couleur prune et tient la main de son amie dans les rues de Lille. Oui, de son amiE ! Sandrine est lesbienne. Native du Pas-de-Calais, près de Béthune, elle est arrivée dans le Nord il y a presque dix ans pour faire ses études d'Histoire et s'épanouir en tant que femme aimant les femmes.
A 28 ans, elle est aujourd'hui employée dans une association pour promouvoir la démocratie participative. Sa façon à elle d'être dans la société, c'est de s'engager pour qu'il n'y ait plus de différence entre les sexes, ni entre les sexualité. C'est un combat politique. Au début, dans une association d'amitié judéo-chrétienne, puis dans un groupe de jeunes militants homos, et enfin dans une association de gays et de lesbiennes catholiques, Sandrine travaille au respect de "l'autre". C'est sa façon à elle de participer à la démocratie. Luttant avant tout contre les préjugés en tout genre, elle use de mots clairs et pertinents, et surtout des mots assumés pour dire ce qu'elle est, et ce qu'elle veut (ou ne veut pas)!
Devenue chef de la "Marche de Fiertés" à Lille, elle nous explique ses engagements. Rencontre !

D'abord lesbienne

FemmesPlus : Comment s'engage-t-on dans l'associatif ?Sandrine Verstavel : Mes parents étaient très engagés, et aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours baigné dans le milieu associatif. Il y a un peu plus de cinq ans, j'ai ressenti le besoin d'aller à la rencontre de personnes qui vivaient la même chose que moi et qui voulaient faire bouger les choses, bousculer la société et ses présupposés trop bien établis : je me suis engagée !

Comment avez vous découvert le milieu associatif homo ? Cela n'est pas le fruit d'une "rencontre" si c'est le sens de votre question, c'est moins romantique, j'ai juste eu envie de pousser la porte du Centre LGBT* de Lille !

Qu'est ce que cela vous a apporté ? Etre au contact de personnes qui pouvaient comprendre ma différence parce qu'elles la vivent également m'a incontestablement permis d'assumer ma sexualité et de m'affirmer. Cela a aussi politisé mon identité sexuelle, ça l'a aiguisée.

Y a-t-il le même engagement chez les gays que chez les lesbiennes ? Bien que lesbienne, j'ai beaucoup de mal à répondre à ces questions. Je pense que les femmes sont culpabilisées par la société lorsqu'elles affichent leur homosexualité. Elles sont bien souvent élevées dans un tel esprit de soumission à l'homme et de devoir, envers lui ou la société toute entière (bien souvent femme = mère par exemple) qu'elles rejettent bien souvent leur sexualité ou la vivent très mal. Ceci explique peut être qu'elles soient bien souvent si peu visibles. Une lesbienne militante est bien souvent une "mal baisée" pour les hétérosexuels ou pire un objet de fantasme, et/ou une "féministe enragée" pour les gays.

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Est-ce que la série L World (la première série 100 % lesbienne) a changé quelque chose dans les mentalités? Je ne sais pas, je ne connais pas d'hétéros l'ayant vu... Personnellement, j'avais de nombreuses réticences sur cette série. Quelles images de la lesbienne cette série allait elle véhiculer ? Est-ce que ça ne serait pas un nouvel objet de fantasme pour les mecs hétéros ? J'avoue que la plastique des actrices me laisse à penser que c'est sûrement le cas ! Mais finalement, pas mal de sujets y sont abordés de façon intéressante : l'homo parentalité, la découverte de sa sexualité et le coming-out, l'homophobie. C'est un peu caricatural et peut-être pas assez engagé à mon goût, mais un peu de visibilité lesbienne ne peut pas nous faire de mal...

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