Niché dans une ruelle étroite de l'illustre quartier Dar el-Bacha, à deux pas de la place Jamâa el-Fna, le riad Lotus Perle jouit d'une situation unique dans la médina. Mais lorsque l'on pousse la lourde porte basse en bois, c'est la surprise totale. Loin de la traditionnelle décoration marocaine, ce riad a été entièrement refait dans un style épuré et néo-classique. En noir et blanc.Très années 30.

Autour du patio agrémenté d'un bassin où l'on peut se rafraîchir l'été, une série de colonnes grecques s'élèvent majestueusement jusqu'au ciel, tandis qu'un immense miroir biseauté, sur le mur en face, reflète les nuages...

''"Lorsque j'ai refait cet endroit, commente le décorateur Antoine van Doorne, je voulais frapper les esprits et créer quelque chose qui n'existait pas à Marrakech, peut-être pas même au Maroc. Je me suis inspiré de l'Antiquité, bien sûr, mais aussi du palais de l'Alhambra, en allant jusqu'à reprendre les plans de la façade. J'avais déjà réalisé le premier riad de la chaîne Lotus, le riad Lotus Ambre, dans un genre très différent, haut en couleur. Avec le Perle, je voulais trancher, jouer sur le contraste entre l'extérieur et le raffinement à l'intérieur."''

''En partenariat avec le magazine DM''

Marrakech en cinematoscope

Velours et galons Et du raffinement, l'endroit n'en manque pas. Chaque détail est soigné à l'extrême : les abat-jour ont la légèreté de la lingerie féminine à laquelle ils empruntent d'ailleurs les galons, les fauteuils sont tapissés d'un velours soyeux, les photos, en noir en blanc comme il se doit, sont signées Helmut Newton.

Si la décoration s'inspire de l'univers de Gatsby le Magnifique, les matériaux n'en sont pas moins marocains. Ainsi, le marbre bicolore au sol et sa patine volontairement mate - quatre polissages au lieu de six habituellement - ou les meubles aux lignes Art déco. "''Le petit salon est une reconstitution fidèle d'un boudoir décoré par Emile-Jacques Ruhlmann'', explique Antoine van Doorne. ''L'idée du rideau noir qui s'ouvre sur le miroir adossé au mur aveugle de la bâtisse vient aussi d'un décor de Ruhlmann, les ferronneries des coursives des deux étages ont été faites dans les années 20 pour une villa de la Riviera. Cet endroit est un peu comme un arrêt sur image d'un vieux film en noir et blanc...''"

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Coco, Cartier ou Manhattan... Un flash-back dans le temps qu'évoquent aussi les noms des cinq chambres. Ils ont été imaginés par le propriétaire des lieux, Réda Benjeloune : "''Un jour, Antoine van Doorne me dit : "Si tu veux savoir à quoi va ressembler le riad une fois terminé, imagine Greta Garbo allongée sur la méridienne ou Gatsby sortant de la chambre !" Du coup, la chambre beige et noir porte le nom de Coco Chanel, parce que c'est un personnage que j'admire, la chambre Newton a été baptisée ainsi à cause de la photo qui trône au-dessus du lit. Il y aussi la chambre Cartier et la Manhattan. Je fais en outre très attention aux détails. Chacune des cinq chambres est équipée d'une chaîne hi-fi B & O, les couverts en argent massif griffés sont importés d'Italie, les nappes et serviettes rebrodées à la main. Chaque photographie a été minutieusement choisie et encadrée.''"

''En partenariat avec le magazine DM''

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