Des Médée contemporaines...
La Madone est confuse. Elle dissimule ses doigts noués dans les plis de sa longue robe. Elle détourne son visage de la lumière. La larme qui roule sur sa joue semble tomber plus vite ces jours-ci. Elle a déposé son enfant à ses pieds et perdu son regard à l'infini...

Triste temps pour les madones en France, devenues, le temps de tragiques chroniques, des Médée contemporaines... D'abord, Véronique, femme d'expat' en Asie, deux beaux garçons, un gentil mari, plein de copains super sympas et même une belle-mère chaleureuse. Puis, il y a eu Léonie, vieille femme de 84 ans. Une petite dame de province, au pas hésitant, à la silhouette courbée comme il se doit à son grand âge. C'était émouvant de la voir cacher ses pleurs dans le col de sa grande baraque d'avocat. Et puis, il y eu Aline. Jeune, très jeune femme de 19 ans. Mère célibataire, engrossée par un copain ensuite disparu, elle venait tout juste d'aménager, toute seule, dans un petit appartement de la banlieue de Rennes. Puis un nouveau crime d'enfant par sa mère est découvert à Toulouse, et encore un triple infanticide dans les Côte d'Armor... Lydie Debaine elle, affronte la justice pour avoir donné la mort à sa fille Anne-Marie, qui souffrait d'une très lourd handicap...

Le drame résonne en nous
Toutes ces femmes ont tué leurs enfants. Et étrangement, elles l'ont fait de la même façon, par strangulation, par noyade, par étouffement. Elles n'y ont pas été de main morte !
Non, il ne s'agit pas de faire un mauvais jeu de mot, mais plutôt de souligner un geste surprenant. Tuer son enfant de ses propres mains...
Cette violence, cette implication étaient probablement la seule réponse possible, la seule solution à la hauteur de leur mal être, de leur désespoir, de leur solitude, de leur terrible décision...

Unies dans le déni

Unies dans le déni La Madone dissimule son embarras sous son éternel air empreint de sérénité. Nous, c'est un peu pareil. On écoute les infos sans les écouter, on regarde les images sans vraiment avoir l'air de suivre. Et pourtant. Chacun de ces drames résonne en nous. Mère ou pas. La maternité est un mystère qui nous est imposé, que l'on ait accouché un jour ou pas. La maternité est une omerta. Et les femmes se taisent de génération en génération, unies dans le déni.

Le ventre vide et les bras pleins D'abord, il y a l'air de la chanson : un enfant, c'est beau, c'est cadeau, un enfant, c'est rigolo. Et puis il y a les paroles... A composer au quotidien, depuis le premier jour de l'embarras, avec un petit "Alien" qui nous mange en dedans, jusqu'au jour des couches. Où pour un accouchement qui se passe "formidablement bien", combien sont déchirées, combien sont éreintées de douleurs, combien meurent encore de par le monde, abandonnées à la solitude et à la terreur des douleurs de l'enfantement ? Ou encore combien donnent naissance à des êtres voués au martyre, au martyre de la mère et de l'enfant...La maternité doit parfois composer avec la souffrance et la solitude. Un débat à poser et surtout à affronter pour enfin le surmonter...

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''Ces enfants non attendus'', à propos du livre "Je ne suis pas enceinte", de Gaëlle Guernalec-Levy, éd. Stock.

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De retour à la maison, le ventre vide et les bras pleins, la femme est devenue mère. Souvent ignorante des gestes à accomplir, fatiguée par les nuits écourtées et les pleurs inexpliqués. Beaucoup, l'essentiel, surmontent le choc, comme par magie, à force de patience, de courage et d'amour. Mais d'autres craquent jusqu'à l'inconcevable, et pourtant... 

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